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7 raisons de ne pas devenir blogueur professionnel

Depuis que nous nous sommes rendus compte que les blogueurs américains gagnent des millions, nous sommes nombreux à essayer d’en faire de même. Et nous comptons aujourd’hui quelques blogueurs français qui ont franchi le pas et qui ont décidé de faire de leur passion un véritable métier. Un choix risqué, surtout si l’on considère la situation économique mondiale qui est loin, très loin même, d’être évidente. Oui et nous allons justement voir 7 raisons de ne pas devenir blogueur professionnel.

Le blogueur professionnel ne peut pas tout dire

C’est triste, mais c’est ainsi. Quand on paye ses factures et ses différents prêts (immobiliers ou pas) avec les revenus générés par son blog, on ne doit pas faire de vague. Surtout pas si l’on traite avec des annonceurs, quels qu’ils soient. Certes, Google et sa régie adSense n’en ont un peu rien à faire de ce que vous pouvez dire, mais il va tout autrement des agences. Quand on vous paye plusieurs centaines d’euros pour que vous écriviez un billet sponsorisé, on s’attend à ce que vous respectiez certaines règles.

Alors bien entendu, vous allez me dire que les régies et agences de ce genre laisse tout le loisir au blogueur de parler du produit comme il l’entend. C’est vrai sauf que si vous démontez en bonne et due forme un produit ou un service, on risque de vous oublier lorsque d’autres campagnes verront le jour.

C’est d’autant plus vrai avec Twitter où les blogueurs professionnels se doivent de garder une certaine contenance. Et pour cause, puisqu’ils sont eux-mêmes le produit qu’ils vendent. Et forcément, lorsqu’un produit balance des saloperies et part dans des coups de gueule toutes les deux minutes, on n’a pas forcément envie de l’acheter.

Le blogueur professionnel ne vaut rien pour les institutions

Si vous vivez chez papa ou maman, tout va bien, vous pouvez passer votre temps à bloguer et personne ne vous dira rien. Bon, il y a bien la vieille tante Charlotte qui pensera que vous faites dans la pornographie numérique mais on peut quand même vivre avec ça. Au contraire, si vous devez trouver un nouveau logement, la donne ne sera plus la même. Dès que vous prononcerez le mot « blogueur » à l’agence immobilière du coin, vous pouvez même être certain qu’ils vous claqueront la porte au nez.

Et si vous ne me croyez pas, sachez que même en couple et en étant tous les deux fonctionnaires, ma moitié et moi-même avons eu le plus grand mal à trouver un appartement. Bon, cela dit, celui que nous venons de trouver est juste t-e-r-r-i-b-l-e !

Même chose pour la banquière qui ne manquera sans doute pas de vous faire les yeux ronds lorsque vous lui demanderez de vous prêter de l’argent. Les banques ont déjà du mal à lâcher des brouzoufs aux patrons de PME (même quand tout va bien) alors vous pouvez être sûr qu’elles hésiteront encore un peu plus avant de lâcher plusieurs milliers d’euros à un blogueur.

Bien entendu, vous avez toujours la possibilité de jouer sur les mots et de vous déclarer « éditeur de contenu web » ou une autre connerie du genre. Cela dit, nous sommes bien d’accord, si vous avez honte de votre métier, vous feriez peut-être mieux d’en changer.

Le blogueur professionnel n’est pas pérenne

Cela fait déjà deux ans que vous avez lancé votre blog et vous êtes drôlement fier parce que vous faites entre 2000 et 3000 VU par jour. Bon, la plupart des internautes viennent chercher les photos de Laure Manaudou à poil mais ce n’est pas grave parce que vous êtes quand même célèbre. Oui et du coup, vous vous dites que ce serait une chouette idée de ne plus faire que ça, de glander toute la journée en caleçon devant l’écran de votre ordinateur tout en mendiant à gauche ou à droite des invitations pour les derniers événements organisés par Sony ou encore Philips.

Formidable mais si vous êtes vraiment un blogueur, alors vous devez déjà connaître un peu le web. Et si vous connaissez le web, alors vous n’êtes sans doute pas sans savoir que tout va très vite. On peut ainsi accéder à la notoriété en quelques mois et devenir super célèbre du côté de Melun. Oui, sauf que l’inverse est tout aussi vrai.

Des blogs, il y en a des milliers qui voient le jour chaque semaine. Et des milliers de blogs, ça fait juste des milliers de concurrents. Et donc des milliers de personnes qui rêvent d’être à votre place, pour peu que vous soyez un tant soit peu connu. Forcément, à la fin de l’année, ça fait beaucoup de monde et, dans le lot, vous pouvez être presque sûr qu’il y en a au moins un ou deux qui y parviendront.

Le blogueur professionnel est détesté

Précisons que ce point est typiquement français. Dans notre charmante contrée, lorsque quelqu’un réussi et commence à gagner un peu d’argent, il est forcément envié et détesté. D’ailleurs, c’est amusant, parce que sur tout le panel émotif de l’être humain, ces deux derniers sentiments sont sans doute les plus proches. Comme dirait ce bon vieux Spinoza, c’est ce qu’on appelle un lien de cause à effet.

Le fait est qu’il est toujours plus facile de critiquer ceux qui réussissent plutôt que de réussir soi-même. Alors attention, parce que cette dernière remarque n’a rien à voir avec les tensions qui animent la blogosphère depuis quelques semaines. Le Fred, il est comme la Suisse, il est neutre en toute circonstance.

Mais quoi qu’il en soit, à partir du moment où vous irez dire sur Twitter que vous êtes un blogueur professionnel, vous pouvez être presque certain que vous vous en prendrez plein la gueule. Et si vous avez déjà du mal à encaisser les reproches de vos parents ou de vos enfants, vous pouvez être presque sûr que vous finirez sous Xanax.

Alors après, on est bien d’accord, il vaut mieux que l’on parle nous en mal que pas du tout. Cela dit, il faut avouer que s’en prendre tous les jours dans la gueule, ce n’est pas forcément facile. Oui et si vous ne me croyez pas, il suffit de demander à l’huissier du coin ce qu’il en pense.

Le blogueur professionnel ne fait qu’une seule chose

La meilleure chose à faire pour assurer la pérennité de son entreprise, c’est de proposer plusieurs services. Comme ça, en cas de pépin, vous pourrez toujours rebondir et passer à autre chose. C’est d’ailleurs ce qui a sauvé IBM, hein… Sauf que voilà, le blogueur ne sait faire qu’une seule chose : écrire des articles. Autant vous dire que ses revenus ne tiennent qu’à un fil, hein.

Mais il y a encore plus pervers que ça. Cette activité nécessite en effet plusieurs champs de compétence bien distincts. Le blogueur doit écrire des articles, c’est vrai, mais il doit aussi administrer son serveur, faire un peu de SEO et même endosser parfois le rôle d’un développeur. Alors certes, il peut également sous-traiter toutes ces tâches mais ça finira forcément par lui coûter cher et donc par réduire considérablement ses revenus.

Globalement, donc, tenir un blog est tellement chronophage que le blogueur ne pourra jamais faire autre chose de ses journées. Il ne pourra pas acquérir de nouvelles compétences et il n’aura pas le temps de proposer des prestations à des clients (à moins de ne plus écrire autant de billets, ce qui laissera la porte ouverte à la concurrence). Du coup, le jour où les blogs seront passés de mode, il ne vaudra plus rien.

Le blogueur professionnel ne peut pas revenir en arrière

Lorsque l’on crée une entreprise, il faut généralement compter deux années avant de pouvoir évaluer sa rentabilité et donc sa pérennité. Ce n’est ni juste, ni drôle, mais c’est ainsi. On peut très bien démarrer en trombe, mais ce n’est qu’une fois que l’entreprise aura pris son rythme de croisière que l’on se rendra compte de la viabilité de son idée.

Seulement voilà, au bout de deux ans, si l’entreprise ne fonctionne pas, il faut penser à sa reconversion. Ce qui n’est pas des plus faciles pour l’entrepreneur traditionnel mais ce qui est presque impossible pour le blogueur. Pourquoi ? Tout simplement parce que la première chose que vous demandera un recruteur, c’est de savoir comment vous avez comblé ce vide de deux ans. Et lorsque vous expliquerez que vous aviez tout lâché pour vous occuper d’un blog, ça risque de ne pas être très simple….

Sauf si vous postulez bien entendu dans une agence web. Cela dit, il faudra espérer que vous n’ayez pas démonté l’un de leurs produits ou services dans vos billets sponsorisés, hein… Et bien sûr, tout comme pour la banquière, vous pouvez aussi mentir. Cela dit, si vous mentez sur votre activité, alors c’est que vous devriez en changer (oui, je sais, je me répète).

Le blogueur professionnel (français) ne sera jamais millionnaire

C’est sûr, lorsqu’on voit les revenus que certains blogueurs étrangers touchent, il y a de quoi avoir la tête qui tourne. Sauf que voilà, presque tous ces blogueurs écrivent en anglais. Et comme l’anglais est l’une des langues les plus parlées au monde, ces blogueurs ont un bien plus de « clients » potentiels que vous qui n’écrivez qu’en français. C’est malheureux mais c’est ainsi, la barrière de la langue existe dans toutes les professions et encore plus pour le blogueur.

Alors bien sûr, vous avez aussi la possibilité de rédiger votre blog en anglais. Cela suppose simplement que vous ayez une bonne maîtrise de la langue. Cela dit, le revers de la médaille, c’est qu’il y a beaucoup plus de blogs en anglais qu’en français. Ce qui veut donc dire que vous devrez faire face à encore plus de concurrents et que vous aurez donc davantage de mal à trouver votre place et à vous affirmer face à eux.

Et alors, je fais quoi moi maintenant ?

Loin de moi l’idée ou l’envie de vous décourager. Si c’est écrit ce billet, c’est avant tout pour démystifier la « profession » et aussi parce que le concept même de blogueur professionnel me gêne énormément. Pour moi, ce qui a fait le succès des blogs, c’est justement leur spontanéité et leur côté désintéressé. Si les internautes les fréquentent, c’est aussi parce qu’ils n’ont plus envie de se limiter à la presse spécialisée, souvent trop commerciale et trop formatée.

Je suis sans doute un peu trop utopiste mais le blog est à mes yeux le seul média démocratique qu’il nous reste. On sait que les chaînes de télévision marchent souvent main dans la main avec le pouvoir en place, tout comme nous savons aussi que la presse spécialisée a besoin d’annonceurs pour vivre.

Dans ce contexte, il est indispensable que les blogs conservent leur liberté de ton, et donc leur indépendance. Ce qui ne veut bien évidemment pas dire que vous ne pouvez pas gagner de l’argent avec. Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de ne pas tout miser dessus. Un blog peut vous permettre d’arrondir vos fins de mois mais il est préférable de garder les pieds sur terre et d’avoir une autre activité plus « sûre » à côté. Juste au cas où, juste parce que le contexte économique n’est pas facile et qu’il le sera de moins en moins.

Et puis en toute franchise, une passion dont on vit n’est plus vraiment une passion…

Fred

Floodeur compulsif, est très actif sur Twitter ou encore sur Facebook. Sachez en outre que la Fredzone a une page sur Google+.