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8tracks, partage tes playlists et ta musique avec tes amis !

Quand on pense aux services dédiés à l’écoute musicale en ligne, on pense souvent à Deezer, Last.fm, Spotify ou encore Grooveshark. C’est bien, mais ce ne sont certainement pas les seuls. Non et parmi les services un peu moins connus et qui sont en train de monter, on trouve 8tracks, un drôle d’outil qui va vous permettre de partager vos playlists avec vos amis. Oui mais attention, car il faudra vous montrer très sélectif puisque chaque playlist ne pourra comporter que huit pistes. Même que le concept est drôlement sympathique et que tu vas pouvoir découvrir un peu plus bas une interview de l’un des fondateurs du service.

8tracks, présentation du service

Le fonctionnement de 8tracks est simple et diffère pas mal de ce que nous sommes habitués à voir. Globalement, chaque utilisateur du service a la possibilité de créer des listes de lecture à partir des MP3 qui sont stockés sur leur disque dur. Chaque playlist peut comporter un maximum de 8 pistes et il est impossible de joindre plus de deux morceaux d’un même artiste. Ensuite, il suffit de nommer sa liste de lecture, d’ajouter un petit descriptif qui va bien et on peut même lui ajouter une petite illustration avant de la partager avec les autres membres du service. Point intéressant pour ceux qui sont sous Mac OS, il est également possible de télécharger un programme bien pratique qui vous permettra de construire vos playlists en quelques clics et directement depuis iTunes. Propre et efficace.

Bien évidemment, n’importe quel internaute a la possibilité de consulter les playlists ainsi partagées. Pour se faire, il suffit de se rendre sur la page d’accueil du service et de cliquer sur la liste de lecture de son choix pour l’écouter. Bien sûr, si vous recherchez des titres particuliers, vous pouvez utiliser le moteur de recherche mis à votre disposition. De la même manière, on peut aussi se balader dans le catalogue des mix en cliquant sur son genre préféré (rock, pop, rap, jazz, etc…). Seule limitation, la lecture des titres d’une playlist se lance aléatoirement. A chaque fois, ces derniers sont en outre accompagnés d’un bouton afin de les acheter si on le désire.

Pour finir, on pourra signaler que 8tracks fait la part belle à Facebook. S’il est possible d’utiliser le célèbre réseau social pour s’identifier sur le service, on peut aussi partager le facilement contenu de son choix et même le balancer sur Twitter. Dans tous les cas, on pourra signaler le soin apporté à l’interface du site. Une interface qui est à la fois accessible, conviviale et réussie graphiquement. Alors c’est certain, 8tracks ne ressemble pas aux autres services du genre. Là où la plupart des services d’écoute musicale en streaming se concentre sur leur catalogue, ce service a préféré opter pour le communautaire et la recommandation. Une idée plutôt fine parce qu’il est parfois difficile de s’ouvrir à des artistes ou à des groupes que l’on ne connaît pas.

8tracks, l’interview de l’un de ses fondateurs

Actuellement, 8tracks est en train de créer le buzz aux Etats-Unis mais le service n’a pas encore percé en France. Dans tous les cas, vous allez pouvoir découvrir un peu plus bas une interview de Rémi Gabillet, l’un des fondateurs de ce portail pas comme les autres. Merci d’ailleurs à lui pour sa participation.

1. Salut Rémi, peux-tu te présenter, toi et ton parcours (scolaire, professionnel) en quelques mots ?

Salut Fred, a la base je suis de banlieue parisienne ou j’ai fait mes études d’ingénieur à l’ESIEA. En tant que stage de fin d’étude, j’ai décidé de partir aux Etats-Unis et je me suis retrouvé chez Live365, boite spécialisée dans la radio sur Internet. J’ai très vite adopté la vie a San Francisco et j’adore le travail en startup. J’habite ici depuis 8 ans maintenant. Entre temps j’ai bossé pour pas mal de startups (INgrooves, Affinity Labs, Aardvark) et j’ai eu la chance de faire partie de 2 acquisitions (Monster et Google). Maintenant je me concentre sur ma propre boite, 8tracks.

2. Même chose pour 8Tracks. Tu as eu l’idée de ce service comment ? Et le nom, il vient d’où ? Est-ce que tu peux aussi résumer le concept en deux ou trois phrases ?

8tracks vient d’une idée de David Porter dont il m’a parlé fin 2005. Le concept est simple : les gens aiment partager la musique qu’ils aiment donc on offre un site qui facilite le partage de playlists. Les playlists sont publiques, il y a donc une grande diversité de musique de qualité a découvrir sur le site.

En tant que développeur, j’ai pris en charge le développement du site. Pendant les 4 années qui ont suivi, j’ai travaillé sur 8tracks tout en gardant un job a plein temps. Le 8 août 2008, on a lancé le site officiellement.

3. Apparemment tu as grandi sur Paris et tu es parti quelques années plus tard vers la Silicon Valley. Pas trop dur de changer de pays comme ça ? Et justement, est-ce que tu penses que 8Tracks aurait eu autant de succès si toi et tes acolytes l’aviez lancé en France ?

J’adore San Francisco et la Silicon Valley et je n’ai jamais sérieusement pensé rentrer en France. Les gens sont super sympas (surtout a coté des parisiens), la qualité de vie est très bonne, et surtout pour travailler en startup, c’est le rêve. D’une part il y a des investisseurs prêts à mettre de l’argent dans des entreprises très jeunes, et d’autre part le marché américain est tellement énorme qu’il suffit de pas grand chose pour réussir à attirer un grand nombre d’utilisateurs. En France, j’ai l’impression que le système s’améliore, et c’est possible de lancer une startup, mais c’est tellement plus difficile.

4. Forcément, dès qu’on touche à la musique sur le web, on se retrouve face aux maisons de disque. Peux-tu nous en dire un peu plus sur le sujet ? Comment est-ce que ça s’est passé ? Tu as du négocier des droits ? 8Tracks doit leur verser quelque chose ? Est-ce que tu penses que les majors sont prêts à aller de l’avant et à remettre au cause leur modèle économique pour l’adapter aux nouveaux usages numériques ?

Le droit de la musique aux Etats-Unis c’est une catastrophe. 8tracks opère sous la license radio définie par le Digital Millenium Copyright Act passé en 1998. Cela nous permet de jouer n’importe chanson sans rien demander à personne tant que le service reste similaire à la radio classique. Par exemple on ne peut jouer que 2 chansons par heure d’un artiste donné ou d’un album donné. On doit également limiter le nombre de fois qu’un utilisateur peut passer une chanson. On doit egalement rapporter chaque mois une liste de chaque chanson et le nombre de fois qu’elle a été écoutée. Les majors (et surtout la RIAA le lobby qui représente l’industrie du disque) sont sur la défensive et ont tendance à aller à l’encontre de toute innovation qui n’augmente pas directement les ventes de disques. C’est triste parce que l’industrie de la musique est toujours en croissance : tandis que les ventes de disque diminuent, les concerts, le merchandising et les downloads légaux prennent de plus en plus d’importance.

5. Et pour finir, tu penses quoi de Spotify, de Google Music et de l’offre de musique dématérialisée d’Amazon ?

C’est génial de voir de nouveaux services se lancer. Il est clair que le futur de la musique sera complètement en ligne. Il y a de plus en plus de manière d’écouter et de découvrir de la musique et on n’en est qu’au tout début !


Fred

Floodeur compulsif, est très actif sur Twitter ou encore sur Facebook. Sachez en outre que la Fredzone a une page sur Google+.