A la recherche des vaisseaux extraterrestres propulsés par des trous noirs

Louis Crane, un mathématicien travaillant pour la Kansas State University, a récemment signé une étude suggérant aux organismes comme le SETI d’utiliser des télescopes à rayons gamma pour tenter de détecter des vaisseaux extraterrestres… propulsés par des trous noirs.

Louis Crane n’a rien d’un original. Il a signé de nombreuses études au fil de ces dernières années. Des études portant sur des sujets complexes comme la théorie de la gravité, l’EPRL ou même le développement de l’Univers.

Trou noir moléculaire

Crédits Pixabay

En 2009, il s’est fait remarquer une première fois en publiant en collaboration avec Shawn Westmoreland un article consacré à la possible existence de vaisseaux spatiaux propulsés par des trous noirs.

Des vaisseaux extraterrestres propulsés par des trous noirs artificiels

Comme chacun le sait, les voyages spatiaux représentent de nombreux défis sur le plan technologique. Assurer la subsistance de colons n’est pas une mince affaire. Il faut en effet être en mesure de produire en totale autonomie de l’oxygène, de l’eau et de la nourriture. Ce qui ne peut évidemment pas se faire sans une source d’énergie pérenne et renouvelable.

En la matière, les auteurs de science-fiction ont souvent été très inspirés. Certains ont ainsi imaginé des vaisseaux alimentés par des réacteurs nucléaires, d’autres par des voiles solaires.

Louis Crane et Shawn Westmoreland avaient pour leur part imaginé dans leur article publié en 2009 des vaisseaux alimentés par des trous noirs, et plus précisément par les fameuses radiations de Hawking.

Le sujet est bien entendu complexe, mais il ne manque pas d’intérêt.

Les trous noirs sont de gigantesques singularités gravitationnelles, des singularités d’une puissance telle que rien ne peut en échapper. Hawking, lui, pensait que les trous noirs n’étaient pas d’inextricables prisons et que les effets quantiques découlant de ces singularités pouvaient provoquer l’émission d’un rayonnement.

Une étude très spéculative, mais fascinante

Dans leur précédent article, Crane et Westmoreland ont tenté de déterminer si ces fameux rayonnements pouvaient potentiellement être utilisés comme une source d’énergie. Les deux chercheurs ont finalement conclu que c’était le cas, tout en précisant qu’un vaisseau spatial cherchant à exploiter cette source d’énergie serait soumis à de nombreux défis en raison de la nature même des trous noirs.

Depuis, les deux chercheurs ont signé de nombreux autres articles, mais Crane a fini par revenir à ses premiers amours en publiant un nouveau papier consacré cette fois… à une méthode de détection d’hypothétiques vaisseaux spatiaux extraterrestres.

Le mathématicien est ainsi parti du postulat de départ que si une civilisation extraterrestre était suffisamment avancée pour voyager à travers les systèmes, alors elle aurait avant toute chose besoin d’une source d’énergie conséquente et inépuisable. Dans ce cas, elle pourrait faire appel aux fameux rayonnements évoqués dans le précédent article du chercheur.

Or justement, en supposant que cela soit réellement le cas, alors un tel vaisseau pourrait parfaitement être détecté avec les bons outils… et notamment avec des télescopes gamma.

Selon la thèse défendue par le chercheur, ces instruments seraient en effet assez sensibles et assez précis pour détecter des débordements de rayons gamma symptomatiques de ce type de technologies :

« Si une civilisation avancée possédait de tels vaisseaux spatiaux, alors les télescopes gamma actuels pourraient le détecter jusqu’à 100 ou 1000 années-lumière si nous nous trouvions dans son faisceau. Ils pourraient même être distingués de sources naturelles. »

L’idée ne manque évidemment pas d’intérêt et elle ne manquera sans doute pas de chatouiller tous les amateurs d’œuvres de science-fiction, mais il faut tout de même noter que cette étude est très spéculative. Une telle technologie, et ces incidences, est d’ailleurs difficile à envisager compte tenu de l’état actuel de nos connaissances.