A Tokyo, un café embauche des gens paralysés pour contrôler ses robots-serveurs

Les clients du Dawn Café, un établissement basé dans le quartier d’Akasaka, à Tokyo, ont eu la surprise d’être servis le mois dernier par des robots télécommandés par des personnes paralysées.

Sur les vidéos montrant l’inauguration de ce café pas comme les autres, on peut voir un robot couper le ruban et d’autres qui se chargent du service avec une certaine lenteur, mais quand même de façon fluide.

Pour son ouverture, le Dawn Café a commencé par employer 10 personnes atteintes de maladies paralysantes. Celles-ci ont été payées 8 euros de l’heure. À travers ce concept, l’établissement veut utiliser les robots pour booster l’économie nippone, mais aussi aider les personnes souffrant de handicaps à échapper à l’exclusion sociale.

Ce projet a été réalisé en collaboration avec l’organisation philanthropique Nippon Fondation, la compagnie aérienne ALA et le laboratoire de robotique Ory Robotics.

Des serveurs de 1m20

Dawn Café utilise des robots serveurs téléguidés de type OriHime-D, considéré comme le robot le plus complexe d’Ory Robotics. Ces serveurs téléguidés mesurent 1m20 pour 20 kilos.

Ils sont capables de transmettre un flux audio et vidéo via internet sur un écran placé devant leur pilote.

Les individus qui les pilotent peuvent le faire grâce à un système oculométrique, c’est-à-dire une caméra qui suit les mouvements des yeux sur une interface superposée à la vidéo. Quatre flèches directionnelles permettent de diriger le robot. Grâce à un syllabaire japonais, les personnes peuvent écrire des messages qui sont ensuite retransmis par son haut-parleur.

Vers l’ouverture d’un café permanent

Ces robots serveur n’ont été présents au Dawn Café que du 26 novembre au 7 décembre 2018. À l’issue de cette première phase de test, les trois entités à l’origine de l’initiative envisagent d’ouvrir un café permanent dans à Tokyo à l’occasion des Jeux Olympiques et paralympiques de 2020.

Pour Kentaro Yoshifuji, PDG d’OryLabs, l’utilisation de ses robots à de telles fins est une consécration. Cela représente l’aboutissement de trois ans et demi de recherche pour permettre d’offrir « une participation sociale » aux personnes en situation de handicap grave.

Lui-même a été incapable d’aller à l’école entre ses 10 et ses 14 ans à cause d’une maladie qui l’invalidait. Au lycée, il avait créé un nouveau type de chaise roulante avant de concevoir en 2017 le robot OriHime.