Adblock Plus poursuivi pour… infraction au copyright

L’utilisation de bloqueurs de publicités a toujours été un sujet de discorde entre les éditeurs de contenus en ligne et les sociétés à l’origine de ces programmes, qui veulent œuvrer pour un web moins « invasif ». Et la bataille entre les deux camps risque bien de prendre une nouvelle forme.

Une maison d’édition digitale allemande, Axel Springer saisit en effet la justice pour infraction aux droits d’auteur, à l’encontre de la société Eyeo GmbH qui conçoit le bloqueur de publicité Adblock Plus.

Adblock Plus poursuivi pour... infraction au copyright

Crédits Pixabay

Selon le responsable juridique en charge des médias chez Axel Springer, «les bloqueurs de publicité changent le code de programmation des sites Web et accèdent ainsi directement à l’offre des éditeurs protégée par la loi». Ce qui sape à la fois leur modèle économique, et fait obstruction à la liberté de l’accès aux informations sur la toile.

Un rebondissement de plus dans le bras de fer entre les deux entreprises

Il est clair que des publicités intempestives peuvent nuire à une bonne expérience utilisateur sur les médias numériques. Toutefois, le modèle économique des éditeurs de contenus en ligne est conçu de telle sorte qu’ils ne peuvent pas se passer des publicités pour générer un revenu sur le web.

De ce fait, l’utilisation de bloqueur de publicités est une source de frustration pour tous ceux qui comptent sur les annonces pour soutenir leurs activités journalistiques.

C’est dans ce cadre qu’Axel Springer, l’éditeur spécialisé dans les médias digitaux tels que le quotidien allemand Die Welt, ou le populaire tabloïd Bild a intenté un procès contre Eyeo GmbH, qui a duré plusieurs années pour atteintes à son modèle économique.

En avril 2018, l’entreprise à l’origine d’Adblock Plus a finalement eu gain de cause auprès de la Cour suprême allemande. Malgré tout, ce revers juridique n’a pas ébranlé l’ardeur d’Axel Springer qui veut de nouveau poursuivre Eyeo GmbH pour infraction aux droits d’auteur.

Une affirmation rejetée totalement par Eyeo GmbH

Selon le porte-parole d’Eyeo dans un communiqué, « il ne faut pas beaucoup de compréhension technique pour comprendre qu’un plug-in côté navigateur ne permet pas de modifier quoi que ce soit sur les serveurs de Springer. »

Il va même plus loin en qualifiant les allégations d’Axel Springer d' »absurdes ».

Les suites de cette affaire risquent bien de retenir l’attention de tout le monde dans le cercle des éditeurs de contenus digitaux quand les évolutions seront rendues publiques.

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