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Affaire « Marie C. Swallow » : Google obligé de supprimer une vidéo porno de son index

Internet se souvient toujours, Internet n’oublie jamais, mais cela pourrait bientôt changer. Elle s’appelle Marie C. et elle a participé à la réalisation d’une vidéo pornographique quand elle avait 18 ans. Une vidéo qui a ensuite été mise en ligne à son insu. Manque de chance, depuis, Marie a fait beaucoup de chemin et elle est devenue… enseignante. Or, on le sait bien, pour un professeur, ce n’est pas toujours facile de se faire respecter de ses élèves et encore moins quand on a joué dans un film pornographique. On comprend donc pourquoi Marie C. a décidé de poursuivre Google

Faut dire aussi, Google est un moteur de recherche particulièrement performant. Il indexe tout sur tout le monde et si c’est parfois gênant même lorsqu’on n’a rien à cacher, cela peut très vite devenir invivable lorsque des squelettes hantent nos placards. Bien sûr, des méthodes existent pour lui faire dire ce que l’on a envie de lui faire dire mais il faut pour cela soit s’y connaître, soit se payer les services de quelqu’un qui s’y connait. Marie C. aurait pu choisir cette option et se payer les services de professionnels de l’identité numérique mais elle a préféré poursuivre le moteur de recherche le plus utilisé dans le monde.

Ainsi, en 2009, Marie C. a décidé de se battre pour supprimer cette vidéo de l’index de Google. Elle a commencé par adresser une lettre de mise en demeure aux équipes de Google mais la démarche n’a pas abouti. Quelques mois plus tard, notre enseignante a donc décidé de sortir l’artillerie lourde et s’est ainsi tournée vers les tribunaux. Le verdict a été rendu le 28 octobre 2010 et il est sans appel : Google est condamné à désindexer toutes les pages diffusant la vidéo pornographique de la jeune femme. Notons en outre qu’une astreinte de 1.000 euros par jour de retard a été fixée par la justice.

Et cela représente bien évidemment pas mal de sites et surtout pas mal de requêtes à surveiller. Il suffit en effet de se rendre sur Google et de taper des expressions comme « marie c. swallow » ou encore « l’école de laetitia » sans oublier des combinaisons comme « swallow laeticia » pour trouver des dizaines et des dizaines de sites proposant cette fameuse vidéo pornographique. Bien sûr, Google ne l’entend pas de cette oreille et a donc décidé de faire appel de la décision du tribunal. Un appel qui pourrait bien se solder par le même verdict. Dans tous les cas, si cela devait arriver, alors l’affaire pourrait bien faire jurisprudence.

Ce qui veut dire que tout le monde, absolument tout le monde, pourrait ensuite se tourner contre le moteur de recherche et faire disparaître les résultats qui ne leur plaisent pas. A l’heure de la Loppsi 2, l’idée n’a pas vraiment de quoi faire sourire. Mais ce que l’on pourra remarquer, en définitive, c’est qu’en portant ainsi cette affaire devant les tribunaux, Marie C. a tout simplement amplifié le phénomène. La vidéo de l’enseignante se trouve absolument partout, ce qui n’arrangera sans doute pas les affaires de Google. M’enfin, si le verdict passe, les amateurs de pornographie amateur pourront toujours faire leurs recherches sur Bing…

Merci à Christophe pour le MP.

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