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Alexandre le Grand : une nouvelle théorie sur sa mort

Selon une nouvelle théorie, Alexandre le Grand était encore vivant après la déclaration de son décès. Le faux diagnostic de mort, appelé aussi « pseudothanatos », serait ainsi la cause du miraculeux état de conservation de son corps pendant six jours. D’après les recherches, la maladie du roi aurait entraîné une paralysie générale qui le rendait incapable de communiquer. Cependant, sa conscience aurait été intacte et il aurait connu une longue agonie avant de rendre son dernier souffle.

Le roi de Macédoine est décédé à Babylone en 323 av.J-.C. Depuis des millénaires, son décès intriguait les chercheurs et les historiens, car son corps ne s’était pas immédiatement décomposé.

Crédits Pixabay

Son peuple considérait cela comme un signe de sa « divinité ». Actuellement, il semble que le mystère est enfin élucidé.

« Même si le roi n’était pas encore mort, il semblait vraiment l’être », a affirmé la Dre. Katherine Hall, chargée de cours principale à la « Dunedin School of Medicine » de l’Université d’Otago, en Nouvelle-Zélande.

L’hypothèse la plus plausible ?

Les études ont révélé qu’Alexandre le Grand souffrait d’un trouble auto-immunitaire rare appelé GBS ou « syndrome de Guillain-Barré ». Il présentait des symptômes étranges comme la fièvre, des douleurs abdominales et une paralysie progressive.

« Le jeune homme aurait développé de la fièvre, des douleurs abdominales, une paralysie progressive, symétrique et ascendante, mais restait conscient et serein jusqu’à sa mort. Ainsi, aucun historien n’a pu fournir d’explications plausibles sur la parfaite conservation du corps pendant six jours », a noté la scientifique. « Je travaille depuis cinq ans en médecine de soins intensifs et j’ai vu environ dix cas semblables. »

Auparavant, les historiens supposaient que la cause de la mort du conquérant était la typhoïde, le paludisme, un assassinat, voire un empoisonnement par l’alcool. En fait, le GBS endommage le système nerveux et provoque un affaiblissement rapide des muscles. Il est provoqué par le « Campylobacterpylori », une bactérie répandue à l’époque qui, de nos jours, peut être traitée par des antibiotiques.

« La maladie auto-immune rare expliquait le mieux pourquoi Alexandre n’était pas décomposé alors qu’il était mort, tout simplement parce qu’il était encore capable mentalement », a expliqué Hall, dans un article paru dans l’Ancient History Bulletin.

À part le mouvement physique et le souffle, les guérisseurs de l’antiquité ne connaissaient pas encore d’autres méthodes pour constater la mort d’un individu. Une semaine avant son décès, le roi grec aurait seulement été immobilisé par sa maladie.

Dans le cas d’un GBS, la paralysie réduit la demande en oxygène de l’organisme et la respiration devient très faible, mais le patient reste conscient.

Une explication qui tend à confirmer le mythe

La théorie du GBS semble fournir une explication complète sur la mort du grand roi. Le diagnostic explique divers éléments et constitue un ensemble cohérent. Finalement, il serait donc vrai que ce génie militaire, mort à trente-trois ans, entendait tout ce qui se passait autour de lui durant sa veillée.

Dans un communiqué de l’Université d’Otago, l’experte a affirmé vouloir « stimuler de nouveaux débats et discussions avant de réécrire de nouvelles livres d’histoire». «Il est fort possible que le roi soit conscient de ce qui l’entourait, durant ces six jours. Il se peut qu’il ait entendu ses généraux se disputer sur la succession et les embaumeurs égyptiens arrivés, prêts à se mettre au travail. Cette explication rend tous les éléments cohérents », a-t-elle confié.

Mots-clés histoire