Allemagne : la croix gammée autorisée à figurer dans les jeux vidéo

Après des décennies de censure, l’autorité allemande de régulation des jeux vidéo (l’USK, équivalent de la PEGI), se voit autorisée par le gouvernement fédéral à tolérer, dans les jeux vidéo, l’utilisation de symboles liés au régime nazi. Une grande première pour l’Allemagne, jusqu’à présent très sévère quant à l’emploi de l’imagerie nazie dans le domaine vidéo-ludique. Seule condition à cette volte-face, ces symboles ne devront pas être employés à des fins de propagande, précise l’USK, qui se réserve par conséquent le droit d’intervenir si leur utilisation dans un jeu n’est pas « socialement appropriée« .

Ce changement intervient alors que l’Allemagne remplaçait de manière systématique l’ensemble des symboles nazis présents dans les jeux vidéo. C’était en tout premier lieu le cas des croix gammées, pourtant intégrées à de nombreux titres plaçant – à chaque fois – le joueur dans la peau d’ennemis du régime ayant sévi de 1933 à 1945.

La croix gammée et les symboles de l’ère nazie ne seront plus systématiquement censurés dans les jeux vidéo en Allemagne. A la condition qu’ils ne servent pas des fins de propagande, ces derniers pourront être employés.

Dernier exemple en date : Call of Duty : WWII et Wolfenstein II : The New Colossus. Les deux titres s’étaient notamment vus privés, sur le sol allemand, de l’ensemble des croix gammées qu’ils faisaient figurer dans leurs différents environnements. Dans le premier, ces dernières avaient été troquées contre des croix de fer, tandis que de simples triangles les avaient remplacées dans le dernier Wolfenstein – où l’on incarne pourtant un tueur de nazis invétéré.

Une décision saluée par l’association allemande des professionnels du jeu vidéo

Hier, le 9 août, l’USK était donc autorisée à changer la donne en la matière. « En raison du changement de concept juridique, des jeux traitant de manière critique [les événements du passé], peuvent se voir attribuer [une autorisation] pour la première fois. Ce [cas de figure] existe depuis longtemps pour les films et, au regard de la liberté artistique, il mérite désormais de s’appliquer aussi aux jeux vidéo« , estimait ainsi Elisabeth Secker, porte-parole de l’organisme.

Une décision saluée par la german games industry association (qui correspond à notre SELL) dans un communiqué publié le jour même : « Les jeux vidéo sont reconnus depuis des années comme un vecteur culturel, et la dernière décision [de l’USK] renforce de manière importante cette reconnaissance en leur accordant d’utiliser des symboles anticonstitutionnels ». « Cette décision constitue une avancée importante pour le jeu vidéo en Allemagne », ajoutait Felix Falk, le directeur de l’association.

Crédit illustration : Bethesda / Wolfenstein II : The New Colossus