Amende Android : Google a bien tenté de négocier, mais trop tardivement

La semaine dernière, Google se voyait condamné par la Commission européenne à verser une amende de 4.3 milliards d’euros pour abus de position dominante avec Android, son système d’exploitation mobile. Une décision prise et énoncée publiquement par l’intraitable Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, qui intervient près d’un an après une offre que la firme de Mountain View avait secrètement adressé à ladite Commission.

C’est du moins ce que rapporte Bloomberg dans une longue enquête publiée ce week-end. On y apprend notamment que cette proposition est arrivée juste après la première condamnation émise à l’encontre du géant californien (avec à la clé une amende de 2,4 milliards d’euros, là encore pour abus de position dominante, de Google Shopping notamment). Trop tardive pour être prise en compte, l’offre de Google n’a pas pu aboutir à une éventuelle ouverture de négociations.

Google a bien tenté de négocier avec la Commission européenne en vue d’éviter l’amende pour abus de position dominante d’Android. Mais sans succès… la faute à une intervention trop tardive.

Et pour cause, en la matière, la firme n’aurait pas respecté la procédure. Comme l’a rappelé Margrethe Vestager pour l’occasion, une firme qui souhaite collaborer avec la Commission européenne doit se manifester « immédiatement après » l’ouverture du dossier, et non suite à une condamnation.

Margrethe Vestager se défend d’avoir pris Google par surprise

« Cela ne s’est pas produit dans cette affaire et, bien sûr, les choses ont suivi leur cours par la suite (…). Il n’y a donc pas eu de surprises« , note d’ailleurs la commissaire à la concurrence à ce propos. Un point sur lequel les avis divergent, notamment du côté d’Alphabet. Au sein de la maison mère de Google les propos tenus l’année dernière par Margrethe Vestager, au moment de la première condamnation, auraient été perçus comme une porte d’entrée à de futures négociations sur d’autres dossiers. D’où l’envoi d’une offre secrète à la Commission.

Seulement voilà, pour l’ex-ministre danoise la procédure est claire : « chaque affaire est séparée » a-t-elle expliqué à la presse avant d’ajouter qu’elle n’avait pas encore « tiré de conclusions sur les affaires toujours en cours« .

Cible numéro une de la Commission européenne avec pas moins de trois enquêtes diligentées à son encontre, Google a échoué à se sortir d’affaire sur les deux premières (celles concernant Google Shopping et Android) et doit à l’heure actuelle verser un total de 6.7 milliards d’euros aux autorités. Une somme qui pourrait s’accroître au cours des prochains mois.

Notons toutefois que Google a d’ores et déjà fait part de son intention de faire appel à la dernière décision en date de la Commission, et que Sundar Pichai (le CEO de Google) s’est exprimé très clairement sur la question en menaçant notamment de rendre Android payant aux constructeurs. Coup d’esbroufe ou réelle possibilité ? Seul l’avenir nous le dira.

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