Android enregistre aussi nos déplacements

L’affaire du tracker intégré à l’iPhone a fait pas mal de bruit et, si j’en crois mes statistiques, vous avez été nombreux à chercher à vous en débarrasser. Toutefois, comme je le mentionnais dans mon article précédent, Apple n’est pas la seule firme à procéder de la sorte. Non et justement, le Wall Street Journal vient tout juste de révéler que Google Android en fait tout autant. Moralité, quand vous ne souhaitez pas qu’on espionne chacun de vos déplacements, il vaut peut-être mieux éteindre votre téléphone portable…

Notons que cela n’a rien de surprenant. Pour Apple ou pour Google, la question n’est évidemment pas de savoir ce que vous faites de vos journées, ça ils s’en moquent pas mal, mais plutôt de collecter des informations sur la manière dont votre téléphone se connecte au reste du monde. Ensuite, ces données sont bien entendu utilisées pour l’offre applicative de leur plateforme mobile et peuvent être intégrées aux applications dédiées à la cartographie et ainsi de suite. Après, que vous vous arrêtiez ou non en pleine forêt la samedi après-midi, cela ne regarde que vous.

Toutefois, et c’est une information assez importante pour être soulignée, Google n’applique pas la même méthode que notre Pomme adorée. Là où l’iPhone (et l’iPad 3G) garde une trace de toutes les antennes et de tous les points d’accès détectés sur la dernière année, Android se montre plus sélectif. Ce qui est enregistré par le système d’exploitation mobile de Google, ce sont ainsi les 50 dernières antennes GSM et les 200 derniers points d’accès WiFi. C’est quand même plus raisonnable, non ? Ah, vraiment pas ? Vous êtes difficiles aujourd’hui…

Mais la grande question bonus, celle qui vaut toutes les questions du monde, c’est de savoir ce que fait Google de ces données. Et là, malheureusement, on ne peut pas dire que la réponse coule de source. Bien au contraire, personne ne semble vraiment d’accord sur ce point. Un expert en sécurité interrogé par The Guardian prétend ainsi que Google ne récupère pas les données de ses utilisateurs tandis qu’un ancien hacker a déclaré exactement le contraire au Wall Street Journal. Autant dire que nous ne sommes pas prêts de savoir précisément ce qu’il en est.

Forcément, ce n’est pas le genre de nouvelle agréable à entendre mais avant de montrer les crocs je pense qu’il faut prendre le temps de la réflexion et ne pas s’emballer trop vite. En effet, lorsque vous utilisez des services comme Latitude ou Foursquare, votre localisation est de toute manière rendue publique. Même chose lorsque vous activez l’option sur Twitter, d’ailleurs, et on se souviendra ainsi de Creepy, ce chouette petit logiciel qui permet de connaître tout l’historique d’un utilisateur de Twitter. Ici, la seule différence, finalement, c’est que nos données sont collectées à notre insu (encore que, maintenant, ce n’est plus le cas) mais je ne suis finalement pas certain que cela fasse une si grosse différence que ça…