App.net, le réseau social payant qui veut concurrencer Twitter

Le secteur des réseaux sociaux est plutôt très encombré mais un nouveau venu a tout de même décidé de se jeter dans l’arène : App.net. Un service qui ressemble énormément à Twitter mais qui a choisi un modèle économique radicalement différent en imposant une solution d’abonnement à ses utilisateurs. Les internautes devront donc payer 50 dollars par an pour avoir le droit de partager les photos de leur chat ou de leur plat du jour avec leurs proches et quelque chose me dit que App.net va avoir beaucoup de mal à concurrencer Twitter ou même Facebook. Surtout que les développeurs souhaitant profiter de l’API du réseau social devront quant à eux payer 100 dollars chaque année.

App.net, le réseau social payant qui veut concurrencer Twitter

App.net n’aime pas la publicité

Dalton Caldwell, le concepteur d’App.net, n’aime pas la publicité en ligne et il n’hésite pas à le faire savoir. Selon lui, la pub nuit grandement à l’expérience utilisateur et elle peut même porter préjudice aux internautes. D’autant plus que toutes les stratégies digitales des réseaux sociaux tournent justement autour de ça, il suffit d’ailleurs d’aller lorgner du côté de Facebook et de son programme publicitaire pour comprendre que Dalton n’a pas forcément tort. Même chose également du côté de Twitter puisque ce dernier se replie de plus en plus sur lui-même à mesure qu’il cherche à monétiser son service. Alors même que Twitter a toujours joué la carte de l’ouverture depuis sa création, notamment au travers de son API, on sent qu’il cherche désormais à faire marche arrière. Plutôt logique puisque son intérêt, c’est que nous passions tous par son portail, par son application.

Partant de ce constat, Dalton a donc décidé de lancer un réseau social radicalement différent et… sans publicité d’aucune sorte. Quoi qu’il arrive, App.net ne diffusera donc ni encarts publicitaires, ni messages sponsorisés, ni rien d’autre de ce genre. Une initiative intéressante, évidemment, mais il ne faut pas oublier qu’un réseau social coûte énormément d’argent. Ces services nécessitent effectivement de grosses infrastructures.

D’où l’idée de l’abonnement. Pour accéder à ce nouveau réseau social, les internautes devront donc verser à son éditeur la somme de 50 dollars chaque année, soit une quarantaine d’euros. En échange, ils pourront utiliser le service sans aucune limitation et ils ne seront pas confronté à l’ombre d’une publicité.

App.net, un service ouvert sur le monde

Si Twitter est parvenu à s’imposer sur le secteur des réseaux sociaux, c’est en grande partie grâce à son API. Le service en lui même ne manquait déjà pas d’intérêt, bien sûr, mais ce sont surtout toutes les applications, tous les outils, réalisés par des développeurs tiers qui lui ont permis de briller autant. De briller, mais aussi de tenir tête à des monstres du genre comme Facebook. Sans cette API, le succès de Twitter aurait sans doute été moins rapide et Dalton l’a parfaitement compris, c’est la raison pour laquelle App.net pourra lui aussi profiter d’une API dédiée et permettant aux développeurs indépendants de l’enrichir à leur guise.

Ces outils de développement permettront de greffer de nouvelles fonctionnalités sur le service par l’intermédiaire de modules spécifiques. On manque encore d’informations sur ces derniers mais il ne serait pas étonnant de voir débarquer rapidement une plateforme, une boutique, similaire à l’AppStore mais dédiée uniquement aux outils tiers pour App.net. Notez toutefois que les développeurs ne seront aucunement limités, ils pourront parfaitement utiliser cette API pour concevoir des services indépendants, ou même des clients mobiles.

Sur le papier, c’est très prometteur, mais là encore il faudra sortir sa carte bleue pour avoir le droit de profiter de cette API. Et cette fois, l’abonnement coûtera un peu plus cher puisqu’il faudra débourser 100 dollars par an pour pouvoir profiter de ces outils.

App.net, encore pas mal de pain sur la planche

Si ce nouveau réseau social vous intéresse, sachez que App.net est disponible dès à présent en version bêta à cette adresse : https://alpha.app.net/global. Et de ce qu’on en voit, on peut dire qu’il reste encore beaucoup de boulot à Dalton et à son équipe avant d’obtenir un service qui tienne vraiment la route. Pour le moment, App.net ressemble comme deux gouttes d’eau à Twitter, on retrouve ainsi le même système de followings et de followers et ses concepteurs ont même poussé la copie jusqu’à intégrer un système de hashtags et de mentions similaire. Pour en profiter, il vous suffira de les précéder avec deux caractères que vous connaissez sans doute déjà, le « # » et le « @ ».

La seule différence avec Twitter pour le moment, outre les fonctions manquantes, c’est le nombre de caractères autorisés. Là où Twitter limite nos messages à 140 caractères, App.net va un peu plus loin en nous permettant de saisir jusqu’à 256 caractères. C’est bien, mais je ne suis pas certain que 116 caractères valent 50 dollars.

Je peux me tromper, bien sûr, mais je pense que App.net va avoir beaucoup de mal à séduire les internautes. Ces derniers ont déjà du mal à comprendre le fonctionnement de Twitter, alors ils ne risquent pas de balancer plusieurs dizaines d’euros chaque année pour accéder à un service similaire.

M’enfin, ce n’est que mon avis personnel, aussi subjectif soit-il. Et vous, qu’est ce que vous en pensez finalement ?



Frédéric Pereira est l'auteur de cet article

Floodeur compulsif, est très actif sur Twitter ou encore sur Facebook. Sachez en outre que la Fredzone a une page sur Google+.

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  • http://twitter.com/Jilano Jilano

    Pour l’utilisation que j’en fais, Twitter me convient parfaitement. A voir après si ce nouveau venu apporte des choses intéressantes, mais je doutes que beaucoup de gens soient prêt à mettre 50$ à l’année.

  • parménide

    Il existe aussi Friendica (http://friendica.com/) qui est un réseau social décentralisé open source !! :-D
    En plus il permet de regrouper tous ses réseaux sociaux au même endroit ^^
    Dommage que les médias n’en parlent pas !! ;-)

    • Olivier

      Mais c’est gratuit ton truc ! :-P

  • Mehdi A.E.F.

    Franchement, qui payera pour publier des messages futiles ?

  • http://guirec.me Guirec

    Je suis étonné du prix. Je ne pense pas qu’un utilisateur rapporte autant à un service financé par la publicité.

    ça fait cher 50$ ! pour ma part j’accepterais de mettre à 10€ par an maximum pour un service de ce type. Et il faudrait que j’en ai pour mon argent ^^

    Que les développeurs payent encore davantage ne me semble pas une bonne stratégie car c’est possiblement eux qui vont générer de l’intérêt pour le service (et donc de nouveaux clients).

    A voir, mais je n’y crois pas à App.net. Encore un service qui ne va vivre que le temps de son buzz sur la toile (c’est à dire très peu de temps).

  • Facegeek

    Salut les gars,

    Je viens vous présenter mon nouveau site : un pastbin payant ! Je fais exactement la même chose en moins bien que mes concurrents. Et comme je n’aime pas la pub (et que du coup tout les internautes ne l’aiment pas non plus) bah il va falloir mettre le prix: 50$ le post. Bah oui vous voyez, ça coûte cher…
    Soyons réaliste, jamais ça ne fonctionera.

  • http://twitter.com/aguayroso Aurélie G.

    Très ambitieux comme projet ! A la minute où ils ont inséré l’aspect « payant » je dirais qu’ils ont perdu l’intérêt de la quasi totalité de la population…

  • Arsalane

    50$ et… Pour avoir un service pareil à Twitter, mais au moins Twitter est gratuit :)

  • http://www.fredzone.org Fred

    Je pense qu’on est tous d’accord pour dire que personne n’est prêt à payer pour un réseau social, surtout quand tu trouves des services plus complets, avec des millions d’utilisateurs et totalement gratuits :)

  • Eau

    La raison principale n’est pas la pub.
    La raison principale est que Twitter se coupe de toute la base des développeurs qui ont aussi généré le succès de Twitter et inventé un certain nombre de concepts qui font maintenant partie de Twitter (@reply, #Hastag, les clients Twitter).
    Twitter s’en coupe en restreignant considérablement tout accès au flux Twitter pour les développeurs, en posant des conditions et en ne montrant pas de prédictibilité dans ses relations avec les développeurs.
    Certes, il est évoqué comme cause première la pub mais n’aurait empêché Twitter de laisser un espace de liberté pour les développeurs pour créer de nouvelles idées.
    Aujourd’hui la rupture paraît maintenant consommée.

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