Apple, chronique d’une mort annoncée

Les produits Apple ont le vent en poupe. Ils se vendent bien, fédèrent une communauté sans cesse plus importante et nombreux sont ceux à quitter l’univers PC pour aller voir si l’herbe est plus verte de l’autre côté du chemin. Oui, c’est un fait, les MacBook, iMac, iPhone et autres iPad alimentent le marché de l’actualité mais ces derniers ne sont pas sans défaut. Non et si la firme de Cuppertino ne change pas de cap, alors elle finira peut-être par disparaître du marché un jour.

Tous les éléments qui suivent ne sont que pures conjectures mais reposent néanmoins sur des faits avérés. Ajoutons d’ailleurs que si le titre de cet article est assez provocateur (mais assumé), mon objectif n’est pas de salir l’image de la firme mais plutôt de mettre en avant les failles de sa stratégie.

Apple, un rêve éveillé pour certains, un cauchemar flagrant pour d’autres. La firme suscite l’envie comme la jalousie et tente par tous les moyens d’imposer ses produits sur un marché pourtant fortement saturé. Une stratégie qui a porté ses fruits et qui a fait de la Pomme un acteur incontournable et une source inépuisable d’inspiration pour bien des constructeurs. Et pourtant, tout n’était pas gagné pour la firme de Cuppertino, on se souvient encore des années 90 et de ses nombreux échecs. Sauvée à l’époque par son iPod, Apple a vécu de sombres jours mais la firme n’a malheureusement pas appris de ses erreurs puisqu’elle s’évertue à les reproduire encore aujourd’hui.

Apple, des produits loin d’être irréprochables

Pendant longtemps, les produits Apple étaient considérés comme étant fiables, au contraire des PC et de l’environnement Windows. Dotés d’une finition à la fois exemplaire et raffinée, ils ont séduit de nombreux utilisateurs lassés des errances de Microsoft et soucieux d’obtenir un environnement de travail stable et efficace.

Désormais, ce n’est plus vrai. Nous pouvons ainsi citer la décoloration de ses Macbook, les problèmes d’écran de ses iMac, la polémique autour du casque de l’iPod Shuffle ou encore les récents soucis de réseau de l’iPhone 4. Autant dire qu’à chaque nouvelle génération de ses produits, la firme de Cuppertino doit accuser le coup et trouver des solutions à des problèmes qui auraient sans doute pu être évités avec un meilleur contrôle qualité.

Alors bien sûr, tous les systèmes ont des failles et aucun produit n’est irréprochable. Surtout pas sur le marché de l’informatique puisque cette dernière n’est pas et ne sera jamais une science exacte. Cela étant dit, on peut remarquer que tous les nouveaux produits grand-public de la firme rencontrent systématiquement des problèmes depuis deux ou trois ans.

Apple, des produits beaucoup trop chers

Là encore, c’est un fait avéré, les produits de la firme de Cuppertino coûtent cher, très cher même. Autant dire qu’ils ne s’adressent pas à toutes les bourses. Le plus rageant, bien entendu, c’est qu’ils ne sont pas toujours compétitifs et que leurs performances sont même parfois bien en dessous de ce que propose la concurrence.

Prenons par exemple le Mac Mini qui propose un ordinateur de bureau certes très élégant, mais équipé d’un Core2Duo. Malgré un retard de deux générations (autant dire que c’est un véritable gouffre d’un point de vue hardware), Apple le propose à 799 € pour sa version de base. En investissant 50 € de plus, vous pourrez trouver chez Dell un XPS 8100 équipé d’un Intel i5, de 6 Go de mémoire vive et d’une carte graphique plutôt confortable.

Que dire également du MacBook Pro 15 pouces qui propose un i5 et 4 Go de mémoire vive pour 1749 € ? A titre de comparaison, l’ordinateur que nous venons d’acheter à mon grand-père embarque un écran 17 pouces, un i5 et 4 Go de mémoire vive et nous a coûté moins de 600 €. Le tout avec une coque en aluminium et un poids équivalent à celui du MacBook Pro 17 pouces.

Et des exemples de la sorte, il est possible d’en trouver des dizaines et des dizaines. Le pire, c’est sans doute lorsqu’on regarde de près le prix des options ou des accessoires. Notons d’ailleurs que certains d’entre eux sont en plus incontournables, comme les adaptateurs qui vous permettent de connecter votre portable Apple à un écran externe mais qui coûtent jusqu’à 99 €.

Autant dire que la facture est plutôt salée.

Apple, des produits fermés

Quoi qu’on en dise, ce qui caractérise Apple, c’est la peur de l’autre. Depuis des années déjà, la firme vit en se retranchant sur elle-même, en s’appuyant sur ses propres produits et en tentant presque de créer un marché alternatif. Et pourtant, elle a fait des efforts. Les Mac communiquent désormais bien mieux avec les PC. Les administrateurs réseau vous le diront, il est désormais possible de déployer sans grande difficulté des réseaux hétérogènes. Oui, enfin à condition quand même de se méfier de certains protocoles comme l’Apple Talk qui ont parfois tendance à inonder le réseau de paquets superflus.

Toutefois, ses produits restent hermétiques. Comme l’iPhone qui ne fonctionne qu’avec iTunes et qui propose un Bluetooth étonnamment bridé ou encore l’iPad qui n’accepte même pas la microSIM de l’iPhone et sur lequel on ne peut pas brancher n’importe quel périphérique.

Et ça va beaucoup plus loin, tout comme l’attitude de Steve Jobs face à la technologie Flash ou à la technologie Blu-Ray ou encore l’AppStore et ses conditions de soumission très particulières. D’un certain sens, on pourrait presque aller jusqu’à dire que Microsoft a une politique beaucoup plus ouverte qu’Apple. Le plus ironique, bien entendu, c’est que la firme de Cuppertino a souvent profité de la mauvaise réputation de la firme de Redmond. Ce qui prouve bien que toute tendance peut s’inverser.

Apple, Mac OS comme seul et unique sauveur

Tous ces défauts, toutes ces failles, toutes ces erreurs de stratégie donnent forcément le tournis. Après tout, si les produits Apple coûtent cher, ne sont pas toujours fiables et très fermés, pourquoi continuent-ils de se vendre ? Comment peuvent-ils continuer à exercer la fascination sur des millions de consommateurs ?

La raison est simple et tient en deux mots : Mac OS.

Car en effet, le système d’exploitation de la firme est presque un chef d’oeuvre à lui tout seul. Stable, agréable, ergonomique, les qualificatifs pour le décrire ne manquent pas. Et ce qui le caractérise le plus, sans doute, c’est l’accessibilité. Car finalement, que l’on soit un grand débutant ou bien un utilisateur éclairé, Mac OS est capable de répondre à nos besoins. Le tout en proposant un environnement sain et intelligemment conçu.

Ce qui me pousse à vous poser une autre question : Apple continuerait-il de vendre ses Mac si son système d’exploitation était compatible avec n’importe quel ordinateur ?

Bien entendu, il est difficile de proposer une analyse logique et construite en se reposant sur une hypothèse parfaitement invérifiable mais l’idée ne manque pas d’intérêt. Alors c’est certain, ce qui explique le succès des produits de la firme, c’est aussi leur design mais nous savons tous que les autres acteurs du marché ne sont pas forcément en reste. Dans ce contexte, on peut penser que la Pomme continuera de vendre ses iPhone, MacBook, Mac Mini, iMac et autres Mac Pro et donc par conséquent que le titre de mon article n’est que pure provocation.

Ou pas.

Apple face à la crise économique

Car en effet, la situation économique mondiale a beaucoup changé ces dernières années. Les marchés financiers se sont affaiblis, l’Europe peine à rester compétitif face à un marché asiatique toujours plus agressif et c’est finalement notre quotidien qui s’en trouve bouleversé. Les gens sont moins confiants en l’avenir, ils dépensent moins, se méfient davantage. Sans oublier non plus tous ceux qui se retrouvent dans une situation précaire et dont le pouvoir d’achat s’est fortement dégradé.

Nos habitudes vont devoir changer, qu’on le veuille ou non. Les salaires n’augmenteront pas forcément, les taxes risquent en revanche de grimper en flèche comme le prouve d’ailleurs la triste augmentation des tarifs du gaz. Forcément, la vie sera de moins en moins facile, du moins pour une majeure partie de la population mondiale. Bien sûr, les moins lotis d’entre nous ne se poseront pas de question, ils n’achèteront pas d’ordinateur et donc pas de Mac, mais on peut se demander ce qu’il en sera pour les autres.

Et cette situation est dangereuse pour bien des entreprises, bien sûr, mais aussi pour Apple.

Bien entendu, pour le moment, la firme n’est pas en péril. Et elle ne le sera sans doute pas avant plusieurs années, puisqu’il ne faut pas oublier que la Pomme est actuellement le plus grand fabricant américain de mobiles au monde et que cette position privilégiée lui permettra de respirer pendant quelques années encore. Oui, seulement là aussi la concurrence est rude et il ne faut pas oublier qu’il s’est vendu davantage de Nokia 3310 que d’iPhone.

Ce qui laisse songeur, non ?

Les défaites d’aujourd’hui sont parfois nos succès de demain mais l’inverse est tout aussi vrai. Pour l’instant, la firme et ses produits continuent de séduire, pour l’instant tout va bien, mais la stratégie discutable de la firme n’en reste pas moins dangereuse. Car en effet, le consommateur est infidèle et versatile par nature et ne va que là où son intérêt le porte. Notons d’ailleurs que la Pomme n’est pas un cas isolé, toutes les firmes se sont toujours comportées comme elle.

Mais la plupart de ces dernières ne sont plus là pour en parler.

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Frédéric Pereira

Floodeur compulsif, est très actif sur Twitter ou encore sur Facebook. Sachez en outre que la Fredzone a une page sur Google+.