Apple : Jony Ive n’est pas près de voguer vers d’autres horizons

La romance entre Apple et Jony Ive, entamée à la fin des années 90, est bien partie pour durer encore quelques années. C’est à l’occasion d’un entretien avec Anna Wintour, la rédactrice en chef de Vogue America (qui a, au passage, inspiré l’écriture du roman « Le Diable s’habille en Prada« , publié en 2003 et adapté au cinéma trois ans plus tard), que le designer londonien œuvrant pour le compte de la firme à la pomme, s’est exprimé sur son avenir au sein d’Apple. Pour lui, un départ prochain est exclu : il y aurait encore « beaucoup à faire et beaucoup d’opportunités à saisir« , a-t-il estimé lundi, dans le cadre de la conférence Wired25 tenue à San Francisco.

Grisé par ses nouvelles conditions de travail (son équipe s’est récemment installée au sein de l’Apple Park, le tout nouveau campus de la marque), Jony Ive s’estime chanceux de pouvoir créer en compagnie de professionnels attachés à différentes disciplines (coloristes, graphistes, designers industriels, experts en haptique, concepteurs de polices de caractères ont tous été réunis en un seul lieu, a-t-il expliqué) et semble faire preuve d’un enthousiasme inchangé à l’idée de travailler sur les prochains appareils estampillés d’une pomme croquée.

Dans un long entretien avec Anna Wintour, rédactrice en chef de Vogue America, Jony Ive a assuré qu’il n’avait pas pour projet de quitter son poste de designer en chef chez Apple. Pour lui, il y aurait encore « beaucoup à faire et beaucoup d’opportunités à saisir« .

« Nous faisons cela depuis longtemps, pourtant nous sommes toujours surpris et nous apprenons tellement de choses. Si l’on en vient à perdre cette excitation enfantine, je pense qu’il est temps de faire autre chose », a-t-il déclaré face à Anna Wintour, avant d’assurer d’un « au mon dieu, non« , qu’il n’avait rien perdu de cette candeur indispensable, d’après lui, au métier de designer industriel.

Privilégier l’échange humain au « volume » : l’objectif des Apple Store selon Jony Ive

Plus tard, l’intéressé a été amené par la rédactrice en chef de Vogue à s’exprimer sur sa vision de la vente au cours des 5 prochaines années. L’occasion pour Jony Ive de revenir sur le concept de « lieu de vie » qu’Apple cherche à mettre en oeuvre au sein de ses Apple Store à travers le globe.

« Je crois que nous avons une responsabilité civique de ne pas juste créer du volume là où nous pouvons avoir des transactions. Ces espaces, ces magasins, sont des lieux où les gens se rencontrent, des endroits dans lesquels vous pouvez venir pour apprendre« , a-t-il expliqué. « Mais je crois que nous avons aussi étendu notre vision de ce que sont ces espaces, aux lieux où ils se situent« , a-t-il ajouté en prenant l’exemple de l’Apple Store de Milan, dont l’inauguration, toute récente, remonte à juillet dernier.

« Dans le cas du Store de Milan, le gros de notre travail ne concernait pas le magasin [en lui même], mais la place [dans laquelle se trouve le Store], pour tenter de créer un espace communautaire, un espace destiné à ce que les gens puissent se rencontrer« .

Pour rappel, la collaboration entre Jony Ive et Apple avait commencé lors de la création de l’iMac G3 (lancé en 1998, il fêtait ses 20 ans en mai dernier), sous la direction de feu Steve Jobs. Le travail du designer britannique n’avait toutefois été unanimement reconnu qu’avec le lancement du tout premier iPhone en 2007 et de l’iPad en 2010. Plus récemment, l’intéressé a travaillé sur la conception de l’iPhone X et de son encoche, souvent critiquée, mais largement reprise par les autres acteurs de l’industrie.

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