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Ata : les analyses de la momie « extraterrestre » remises en question

Ata a été découverte par Oscar Munoz en 2003, à l’occasion de fouilles entreprises dans le désert d’Atacama, situé au centre du Chili. Frappé par l’allure étrange de la momie, l’homme l’a mise en vente et cette dernière a changé plusieurs fois de main durant les années suivantes.

Ata a fini entre les mains de Ramon Navia-Osorio, un collectionneur barcelonais passionné d’ufologie.

La momie a alimenté de nombreuses théories rocambolesques et beaucoup ont ainsi pensé qu’elle était la preuve de l’existence des extraterrestres.

Ata longtemps considérée comme une preuve de l’existence des extraterrestres

Sanchita Bhattacharya, un spécialiste de la bio-informatique, a réussi à se procurer des échantillons de la momie et à mener des études poussées. Après avoir séquencé son génome, le chercheur a fini par conclure que la dépouille n’avait rien d’extraterrestre et qu’il s’agissait en réalité des restes momifiés d’une petite fille chilienne souffrant de mutations génétiques et de troubles de croissance.

Ces explications n’ont cependant pas convaincu toute la communauté scientifique et Kristina Killgrove, une bioarchéologue de l’Institut Ronin, a ainsi contesté les découvertes réalisées par son collègue en avril dernier.

Pour elle, la momie ne présentait aucune caractéristique insolite et elle possédait toutes les caractéristiques d’un foetus humain momifié.

Suite à ces révélations, de nombreux scientifiques ont contacté à leur tour la bioarchéologue sur Twitter.

Des échanges sur Twitter qui ont débouché sur l’écriture d’un nouvel article scientifique

Ces échanges ont débouché sur un nouvel article scientifique paru dans l’International Journal of Paleopathology ce mercredi, une étude pilotée par Sian Halcrow, Kristina Killgrove, Gwen Robbins Schug, Michael Knapp, Damien Huffer, Bernardo Arriaza, William Jungers et Jennifer Gunter.

Dans cet article, les chercheurs soutiennent que les précédentes hypothèses formulées au sujet de la momie ont débouché sur des conclusions trop zélées et induit des tests éthiquement problématiques.

De leur point de vue, l’âge réel d’Ata a ainsi été mal évalué et les méthodes utilisées par les chercheurs à l’origine de la précédente étude ne respectaient pas les normes en vigueur. Plus problématique, ils estiment également que leurs conclusions étaient totalement fausses. Pour eux, la momie ne présente aucune preuve d’une quelconque anomalie et elle présente donc des caractéristiques similaires à celles de tous les foetus en formation.

Mais qu’en est-il des anomalies génomiques relevées, alors ? Les chercheurs pensent que ces dernières résultent d’une mauvaise interprétation et que leurs conclusions ont été influencées par les anomalies corporelles constatées par leurs soins. En d’autres termes, ils ont supposé que les anomalies génomiques mises en lumière par le test expliquaient la malformation de la momie, alors que ces derrières étaient clairement sujettes à caution.

La fin ne justifie pas les moyens

Le plus intéressant reste à venir. Selon les chercheurs, la précédente étude n’a pas respecté les principes éthiques allant de pair avec la bioarchéologie. D’après eux, l’étude réalisée par leurs soins aurait en effet dû comporter une déclaration éthique ou même un permis archéologique, mais cela n’a pas été le cas.

Si les scientifiques ont parfaitement conscience de l’attrait exercé par la momie auprès de la communauté scientifique et du grand public, ils estiment également que la fin ne justifie pas les moyens.

Dans leur article, ils soutiennent ainsi que ce n’est pas parce que les analyses ADN sont devenues accessibles que les chercheurs doivent oublier les principes éthiques liés à leur profession. Dans ce cas précis, personne ne sait si Ata a encore de la famille en vie et il aurait donc fallu se montrer plus respectueux à l’égard de sa dépouille.

Fred

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