Atterrir sur Europe et Encelade ne sera pas forcément facile

Europe et Encelade ont ravivé les espoirs des chercheurs dans leur quête de la vie extraterrestre. Des études antérieures ont révélé la présence d’eaux chaudes sur les deux lunes pouvant receler des microorganismes. Dans la décennie à venir, les grosses agences spatiales projettent d’y envoyer des robots explorateurs. Ceux-ci auront pour mission de prélever de la glace et d’examiner les panaches afin d’identifier des signes de vie.

Toutefois, d’après une récente étude, atterrir sur la lune Europa de Jupiter et la lune Encelade de Saturne ne serait pas une mince affaire. La densité à la surface de ces corps serait trop faible. Autrement dit, le terrain d’atterrissage risque de ne pas être assez compact. Les scientifiques pensent que le sol y pourrait y être encore plus mou que de la neige.

Europe NASA ESA

L’étude a été intitulée « Simulations en laboratoire des surfaces planétaires : compréhension des propriétés physiques des régolites à partir d’observations photopolarimétriques à distance ». Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Icarus.

Des particules extrêmement fines

L’étude a été menée par Robert M. Neilelson, scientifique principal au Planetary Science Institute (PSI). Elle comprenait également des chercheurs du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, de la California Polytechnic State University de Pomona et plusieurs universités.

Depuis une dizaine d’années, en examinant des corps dépourvus d’atmosphère, les chercheurs ont constaté un comportement inhabituel. Leur objectif a donc été de comprendre cette polarisation négative à des angles de phase faibles.

Afin de simuler ces surfaces, l’équipe a utilisé treize échantillons de poudre d’oxyde d’aluminium (Al²O³). Ce composé chimique est un excellent analogue du régolithe, la matière que l’on trouve sur les systèmes aldebo Airless Solar System (ASSB) dont Europe et Encelade font partie. Les échantillons ont ensuite été analysés à travers le photopolarimètre goniométrique du mont. San Antonio College.

C’est ainsi que les scientifiques ont déduit que ce phénomène est engendré par des particules brillantes extrêmement fines.

Pas nécessairement une mauvaise nouvelle

Neilelson reste néanmoins optimiste quant aux missions prévues sur les deux lunes. Dans un communiqué de presse de l’ISP, il a expliqué que « bien sûr, avant l’atterrissage de la sonde robotisée Luna 2 en 1959, on craignait que la Lune ne soit recouverte de poussière de faible densité dans laquelle les futurs astronautes pourraient sombrer ».

« Cependant, nous devons garder à l’esprit que les observations à distance de la longueur d’onde visible d’objets comme Europa ne font que sonder les microns extérieurs de la surface », a-t-il poursuivi.

Il se pourrait même que ces fines particules contiennent ce que les astronomes recherchent.