Au Japon, un tueur en série recrutait ses victimes sur les réseaux sociaux

Les Japonais ont été ébranlés par une affaire particulièrement sordide au début du mois. Un homme travaillant comme rabatteur pour l’industrie du sexe dans le quartier de Kabukicho à Tokyo a en effet utilisé les réseaux sociaux pour recruter et tuer pas moins de neuf personnes différentes, des personnes toutes candidates au suicide.

Le meurtrier, un certain Takahiro Shiraishi, travaillait depuis plusieurs années pour différentes entreprises installées à Kabukicho, un quartier situé dans l’arrondissement de Shinjuku et plus précisément dans la partie ouest de la capitale nippone.

Meurtre

Fin août, l’homme de vingt-sept ans a commencé à écumer les réseaux sociaux avec une idée bien en tête : trouver ses futures victimes.

Il contactait ses victimes sur les réseaux sociaux

Pour se faire, Takahiro appliquait toujours la même méthode et il utilisait ainsi des hashtags spécifiques pour identifier des personnes désœuvrées aux penchants suicidaires. Ensuite, il les contactait par le biais de messages privés en se faisant passer lui aussi pour un candidat au suicide afin de créer un lien émotionnel fort avec ses victimes.

Lorsque ces dernières étaient prêtes, il leur proposait ensuite de les aider à mettre fin à leurs jours en s’appuyant sur diverses techniques de son cru.

Entre fin août et la date de son arrestation le 31 octobre, Takahiro a ainsi tué pas moins de neuf personnes différentes : huit femmes et un homme. Parmi les victimes figurait une adolescente âgée d’une quinzaine d’années, une adolescente venant du département de Gunma.

Lors de leur intervention, les autorités de la ville ont découvert dans l’appartement du meurtrier trois glacières et quatre caissons contenant très exactement deux cent quarante morceaux de corps humains, avec plusieurs têtes dans le lot. Les enquêteurs ont eu besoin de plusieurs semaines avant d’identifier toutes les victimes.

Le Japon va prendre des mesures pour lutter contre les sites au contenu inapproprié

Durant l’interrogatoire, Takahiro a reconnu les faits et il a également donné plus de détails sur son mode opératoire. Il a ainsi révélé aux policiers qu’il avait passé plusieurs mois à faire des recherches en ligne afin de se renseigner sur le suicide et la dépression.

Cette affaire a été largement médiatisée au Japon. Le gouvernement a annoncé son intention de mettre en place de nouvelles mesures pour lutter plus efficacement contre les sites aux contenus inappropriés liés aux suicides. Il compte également entamer une réflexion afin de pouvoir apporter une aide psychologique aux adolescents souffrant de dépression.

Plusieurs pistes sont envisagées, dont une reposant sur la collaboration entre les forces de l’ordre et l’Internet Hotline Center.

Takahiro n’a pas encore été jugé pour sa part.

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