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Au Nigéria, un homme est mort en tentant de prouver l’efficacité d’un charme anti balles

Aujourd’hui encore, les herboristes et les devins tiennent une place importante dans la société africaine. En 2014, l’Organisation Mondiale de la Santé a établi un rapport selon lequel 80 % des Africains les consultent pour demander des remèdes ou des services. Dernièrement, au Nigéria, un villageois du nom de Chukwudi Ijezie s’est rendu chez Chinaka Adoezuwe, un guérisseur de 26, pour lui demander de faire un charme anti-balles.

Chinaka Adoezuwe voulait prouver l’efficacité de son enchantement. Il a d’abord demandé à son client de mettre les charmes. Quand celui-ci a refusé, il les a portés autour de son propre cou. Il a ensuite demandé à Ijezie de prendre l’arme et de tirer sur lui. Malheureusement, les balles ont pénétré son corps, entrainant sa mort.

L’incident a eu lieu dans le village d’Umuozo Ugiri, dans l’État d’Imo, au sud du Nigeria. Les autorités locales ont appréhendé Chukwudi Ijezie qui est actuellement suspecté de meurtre.

Les charmes sont populaires au Nigeria

« Un jeune homme s’était rendu chez le guérisseur pour lui préparer des charmes pare-balles, ce que le médecin autochtone a fait. Pour prouver l’efficacité des nouveaux charmes, [il] a positionné et remis une arme à feu à son client. Il est mort. », a rapporté la BBC.

« L’affaire sera transférée au département des enquêtes criminelles d’Owerri pour une enquête approfondie », a déclaré Andrew Enwerem, responsable des relations publiques de la police au journal nigérian Punch Newspaper.

Cet incident n’est pas une première. D’après la BBC, « il y a eu plusieurs rapports faisant état de personnes tuées après avoir testé des charmes et des remèdes “pare-balles” promus par les guérisseurs ». La police de l’État d’Imo a également attesté que « les charmes sont populaires au Nigeria, où les guérisseurs traditionnels sont consultés pour soigner diverses maladies ».

Une double protection

Une étude faite en début d’année a d’ailleurs révélé que de nombreux agents de la police locale ne font pas totalement confiance aux gilets anti-balles et n’ont pas abandonné les « techniques traditionnelles ». « Même ma femme connaît le charme et nous sommes tous les deux chrétiens. Elle ne se plaint pas parce qu’à la fin de la journée, elle ne veut pas que je perde la vie face à des voleurs armés. Il n’y a rien de mal à avoir une double protection », a témoigné un policier.

Il y a lieu de souligner que, même s’ils ont leurs limites, les savoirs ancestraux sont parfois basés sur des connaissances empiriques qui se sont transmises de génération en génération. Clément Delaude, professeur à l’Université de Liège (Belgique) et photographe, a expliqué : « cette médecine traditionnelle basée sur une approche plus holistique que biomédicale tend à être de plus en plus intégrée à la médecine officielle pour des raisons à la fois pragmatiques et politiques. »

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