Australie : L’État passe à l’offensive et censure les vidéos de l’attaque de Christchurch

Plusieurs mois après le massacre qui a coûté la vie à une cinquantaine de personnes et autant de blessés en Nouvelle-Zélande, l’État australien veut mettre un terme à la diffusion des vidéos de l’attaque.

Cette démarche est entreprise afin d’endiguer ce qui est actuellement considéré comme étant de la propagande terroriste, qui n’a pas lieu d’être  sur le territoire australien, selon Scott Morrison, le Premier ministre conservateur.

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Huit sites web hébergeant des vidéos ou des contenus relatifs à l’attaque de Christchurch ont ainsi été bloqués par les fournisseurs d’accès à l’internet australiens, tandis que les sites web étrangers dans la même situation ont été mis sur liste noire en Australie.

Un massacre qui a marqué les esprits

Cette censure a toutefois déjà été mise en place par les fournisseurs d’accès internet australien, cette annonce du gouvernement australien vient juste donner un poids légal aux actions entreprises en amont.

Pour rappel, les attentats de Christchurch, tristement célèbre par le nombre de ses victimes, sont considérés comme étant les plus meurtriers visant spécifiquement les musulmans. Brenton Tarrant, un immigré australien extrémiste de droite, a ouvert le feu sur deux bâtiments religieux à Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Dans un pays considéré comme sur, et où les crimes de sang sont pratiquement inexistants (deuxième place après l’Islande pour le classement Global Peace des nations les plus pacifistes), ces attaques revêtent un caractère symbolique de l’exportation du mouvement islamophobe et xénophobe qui prend de l’ampleur en Australie, et véhiculée par les tendances d’extrême droite.

Mettre fin à la propagande de la terreur

Pour faire face à la « glorification de ces crimes », le gouvernement australien a ainsi mis en place ces actions de censure. Scott Morrison indique ainsi : « Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher les terroristes de glorifier leurs crimes, notamment en prenant des mesures sur le plan local et mondial. »

Outre les huit sites web bloqués, que les autorités ont refusé de nommer, un bon nombre d’autres sites ont été invités à supprimer les contenus relatifs aux attentats de Christchurch, une directive à laquelle ils se sont conformés.

D’ailleurs, selon Inman Grant, commissaire australienne à la sécurité numérique, « les sites contrevenants n’auront qu’à supprimer le contenu illégal pour que le blocage soit levé ». Une manière pour le gouvernement australien de remettre tout ce beau monde dans le droit chemin.