Aux Pays-Bas, cinq îles ont été créées pour préserver la biodiversité

Si aux Émirats arabes unis, on construit des îles pour pouvoir ériger des hôtels de luxe, aux Pays-Bas, par contre, même si c’est dans une moindre mesure en termes de surface, on construit des îlots pour sauver la biodiversité.

C’est en effet pour remettre l’écosystème du Lac Markemeer (nord des Pays-Bas) sur les rails, une des plus grandes étendues d’eau douce d’Europe avec une superficie de 700 km², que cette vaste opération de restauration de la nature a été menée: construire 5 îlots artificiels à partir du limon entraîné par les courants.

Les nouvelles technologies ne sont pas les seuls domaines dans lesquels l’esprit de créativité et d’ingéniosité de l’homme peut s’épanouir: quand le besoin se fait ressentir et que la menace est grande, de tout temps nous avons su modeler et reconstruire notre environnement, même si c’est pour le sauver.

Sauver la biodiversité

Le lac Markemeer faisait face à des problèmes de turbidité et de sédimentation à cause de la boue qui s’est accumulée au fil des années. En effet, une digue a été construite pour séparer le lac Markemeer de l’Ijseelmeer, une étendue d’eau voisine, ce qui a supprimé la circulation de l’eau et entraîné l’accumulation de la boue.

Cette forte sédimentation a petit à petit conduit à la suffocation des formes de vie peuplant le lac, en premier les microorganismes, ensuite les mollusques et les plantes aquatiques, puis les poissons. La chaîne alimentaire s’en est retrouvée brisée, et les oiseaux, ne trouvant plus de quoi se nourrir, ont déserté les lieux.

Un projet sur deux ans et demi avec un budget de 60 millions d’euros

En creusant un canal long de 1,2 km, l’îlot principal a été formé à partir du limon entraîné par le courant, des cloisonnements installés permettent ensuite l’accumulation des sédiments aux endroits voulus et ainsi la formation d’une dune puis d’un îlot. Le même procédé a été appliqué par Boskalis, la société en charge de la conduite des travaux afin de construire les quatre autres îles.

Les travaux de construction de ces îlots ont commencé en avril 2016, sous l’égide de Marker Wadden Natuurmonumenten, une ONG néerlandaise œuvrant pour la préservation de la nature, avec l’aide financière et technique de plusieurs partenaires dont le ministère de l’Agriculture, le ministère des Infrastructures et de la gestion de l’eau, des collectivités territoriales, et diverses associations.