Bac 2015 : il fallait s’appeler Joséphine ou Théophile pour obtenir une mention

Baptiste Coulmont est sociologue et maître de conférences à l’université Paris 8. Il s’intéresse depuis plusieurs années maintenant aux prénoms des bacheliers. En examinant les résultats obtenus au Bac 2015, il s’est rendu compte que tous les prénoms n’étaient pas logés à la même enseigne. En réalité, pour obtenir une mention très bien, il valait mieux s’appeler Joséphine ou Théophile.

Le sociologue s’est appuyé sur les prénoms de 350 000 candidats pour réaliser son étude, des candidats ayant obtenu une note supérieure à 8 au bac général et technologique.

Prénoms Bac 2015

Tous les prénoms ne sont pas logés à la même enseigne quand il est question de décrocher une mention au Bac.

Il a ensuite réalisé un graphique en faisant ressortir les mentions obtenus par ces élèves et il s’est ensuite focalisé sur la mention la plus prestigieuse de la liste.

Le prénom n’est que le reflet de notre condition sociale

Là, il s’est rendu compte que certains prénoms se détachaient plus facilement du lot. Lesquels ? Joséphine, Diane, Alice, Louise, Apolline, Gabrielle, Capucine, Theophile, Clotilde ou même Heloise et Constance. La première a d’ailleurs fait fort car sur les 328 élèves portant ce prénom, plus de 21% ont obtenu une mention très bien, et donc une moyenne générale située au dessus des 16 sur 20.

Félicitation aux Joséphine, donc.

Les Nina, Marianne, Eleonore, Augustin, Jeanne, Claire, Agathe, Solene, Laure, Anna, Zoé et Thimothee s’en sortent bien aussi, même s’ils sont loin du peloton de tête.

Bon, et on trouve qui à la fin de la liste alors ? Toujours selon l’étude menée par Baptiste Coulmont, ce sont les Dylan qui arrivent en queue de peloton. Sur les 982 élèves portant ce nom, seuls 2,6% d’entre eux ont obtenu la mention très bien. Même chose pour les Jordan, Steven, Anissa, Mohamed, Kevin, Ophelie, Enzo, Cindy, Sandra, Sabrina, Alan, Alison ou Gwendoline.

Si vous voulez avoir la liste complète, le mieux c’est encore de télécharger le PDF qui se trouve sur cette page. C’est aussi à cette adresse que vous trouverez le bilan de l’étude, et ses conclusions.

Alors que peut-on déduire de ces résultats ? Tout simplement que l’égalité des chances est une vaste fumisterie. Bon, je schématise un peu (beaucoup), mais l’idée est là. Si vous avez la chance de naître dans une famille bourgeoise, vous aurez potentiellement plus de chance de décrocher une mention au Bac que si vous avez vu le jour dans une famille prolétaire.

Et en même temps, on n’avait pas vraiment besoin d’une étude pour le savoir, non ?

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