Beezik, de l’utopie à la réalité…

Cela fait plusieurs semaines, peut-être même plusieurs mois (je n’ai aucune notion du temps) que l’on parle de Beezik chez tout plein de confrères. On va même citer Philippe, Papy Geek ou encore Vincent. Oui, on en a beaucoup parlé, et pour cause : un service qui vous propose de télécharger légalement de la musique, cela ne court pas les rues. Et si je suis resté silencieux sur ce sujet, c’est justement parce que je préférais attendre de voir ce qu’il pouvait donner. J’ai bien fait puisque le service ne tient pas forcément toutes ses promesses.

Beezik, la page d'accueil du service

Sur le papier, Beezik est aussi magnifique qu’une série de M6 : on s’inscrit, on télécharge de la musique et on touche en plus 0,30€ pour chaque titre ainsi récupéré. Faut bien l’avouer, question marketing, on peut difficilement faire mieux. Surtout en ces temps particulièrement troublés, alors même que nos chers dirigeants font tout ce qu’ils peuvent pour castrer nos pauvres petits modems ADSL et nous forcer à éclater notre CODEVI (oui, encore).

Donc c’est sûr, vu comme ça, Beezik a l’air super bandant.

Sauf qu’en pratique, ce n’est pas tout-à-fait le cas…

Beezik, le résultat d'une recherche

Alors qu’on se comprenne, ce genre d’initiatives m’emplit le cœur de joie. Elle prouve en effet qu’il est possible de proposer des modèles économiques alternatifs et rentables. Comme dirait l’autre, c’est un peu une grosse bouffée d’oxygène et je souhaite vraiment féliciter toute l’équipe de Beezik pour leur audace. Sortir aujourd’hui un service de ce type et parvenir à convaincre les maisons de disque de suivre, cela n’a pas du être facile.

Mais il n’empêche que cela n’enlève rien au fait que l’offre de Beezik comporte certaines limitations particulièrement chiantes…

Beezik, le téléchargement d'un titre

Beezik et le WMV

Pour commencer, on peut s’intéresser au format des fichiers téléchargés, à savoir le WMV. Alors bon, je sais que rien ne vaut Windows Media Player pour foutre des DRM sur ses fichiers (on y reviendra par la suite) mais il n’empêche que tous les baladeurs ne sont pas forcément capables de lire le WMV. Et il en va de même pour les autoradios et pour n’importe quel autre appareil censé être capable de lire de la musique. Or l’intérêt des formats numériques (et de la dématérialisation en général), c’est de pouvoir transporter sa bibliothèque musicale partout avec soi. Sans ça, autant rester sur ses vinyles, hein.

Beezik et les DRM

Mais le vrai problème, ce n’est même pas le WMV (après tout, c’est pour ça que les convertisseurs existent)… Non, ce sont les DRM qui sont collées dessus et qui nécessitent obligatoirement Windows Media Player. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’à la base, l’offre de Beezik n’est compatible qu’avec Windows. Alors c’est sûr, les linuxiens et les mac-addicts pourront toujours passer par une machine virtuelle histoire d’écouter leur musique mais il faut avouer que l’opération reste assez contraignante. Personnellement, lancer une machine virtuelle (avec toutes les ressources que ça bouffe), c’est juste impossible quand je bosse. Et c’est con parce que j’aime bien écouter de la musique en codant.

Beezik et la pérennité

Et là, c’est sans doute le point le plus gênant. Si je ne me trompe pas, pour continuer à écouter votre musique, il est nécessaire de réactiver sa licence tous les mois. En cas d’oubli, la musique téléchargée ne peut plus être écoutée. Concrètement, donc, si Beezik devait un jour fermer ses portes, vous perdriez toute votre bibliothèque musicale. Alors on est d’accord, les musiques sont gratuites, mais ça peut quand même être assez chiant.

Beezik comme argument pour les pro Hadopi

Attention quand même, il n’est pas question de prêter de mauvaises intentions aux concepteurs de Beezik. Je ne suis pas dans leur tête (je suis à peine dans la mienne aujourd’hui) mais il me paraît évident que les limitations que je viens d’évoquer risquent de porter préjudice au service. Du coup, les hadopistes pourront aller crier sur tous les toits que les offres légales ne tiennent pas la route et qu’il faut envisager des solutions plus expéditives. Bien entendu, ce ne sont là que des conjectures, des suppositions, mais faut avouer que les types qui défendent cette loi n’ont pas l’air de reculer devant quoi que ce soit.

Beezik, le profil de l'utilisateur

Moralité, et il ne s’agit là que de mon opinion personnelle sur le sujet, Beezik n’est vraisemblablement pas adapté aux attentes des internautes. C’est dommage, le modèle semblait prometteur… Comme quoi, il faut parfois réfléchir avant de s’emballer. Finalement, j’ai bien fait d’attendre pour publier mon billet. Maintenant, ce que j’espère, c’est que Beezik parvienne à s’adapter ou, éventuellement, qu’un service concurrent et moins contraignant voit le jour.

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