Bientôt une pilule pour soigner la solitude ?

La solitude est devenue un mal qui ronge les sociétés occidentales d’aujourd’hui. De récentes estimations ont révélé qu’entre 22% et 75% des adultes américains sont toujours solitaires. D’après un sondage recommandé par la Fondation de France, environ cinq millions de Français sont concernés par ce fléau. Considérant qu’il s’agit d’un problème d’ordre scientifique, des chercheurs américains travaillent actuellement sur une pilule pour soigner la solitude.

L’équipe est menée par Stephanie Cacioppo, directrice du Brain Dynamics Lab de la Pritzker School of Medicine de l’Université de Chicago, États-Unis. Les recherches sont organisées par Brain Dynamics Laboratory, une division de l’Université de Chicago spécialisée dans l’étude du comportement du cerveau humain.

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L’équipe a donné des détails sur l’étude à travers un article datant de juin 2016, réactualisé en novembre 2018, publié dans la revue Clinical Trials.

Agir sur les effets néfastes de la solitude sur la santé

Dans le cerveau, il existe de nombreux signaux chimiques destinés à inciter l’individu à nouer des liens sociaux. Selon l’équipe, la solitude survient lorsque ces signaux sont envahis par la vigilance accrue de notre esprit. Celle-ci perçoit, au contraire, des dangers comme l’anxiété sociale, ce qui pousse certaines personnes à s’isoler encore plus.

Les scientifiques ont établi que l’isolement ne constitue pas une maladie en soi. D’ailleurs, c’est un sentiment qui concerne tout être humain et certaines personnes peuvent s’en libérer d’elles-mêmes.

Cependant, dans certains cas, elle risque d’entrainer une spirale infernale pouvant conduire, au pire, au suicide.

Ainsi, l’objectif de l’équipe n’est pas de supprimer la solitude, mais d’agir sur les effets néfastes qu’elle pourrait avoir sur la santé. En effet, cet état peut parfois et dans certains cas aboutir à des troubles comme les maladies cardiovasculaires, les maladies neurodégénératives ou le déclin cognitif.

L’équipe travaille sur l’allopregnanolone

L’équipe travaille sur l’allopregnanolone, une hormone présente dans le sang et le cerveau, dérivé de la prégnénolone. Des expériences préalables ont démontré que ce composé, toléré par le corps humain, a des effets calmants sur l’amygdale et l’insula. Ces derniers sont les régions cérébrales liées à la détection de la menace, au rappel émotionnel et à l’anticipation de réactions désagréables.

L’expérimentation a déjà débuté en mai 2017 et devrait prendre fin en juin 2019. Les participants sont des individus vivant de manière isolée, mais qui est en bonne santé. Chacun d’eux prend des doses de 400 mg de prégnénolone par voie orale.

« Si nous pouvions réduire avec succès le système d’alarme dans l’esprit des personnes seules, nous pourrions alors les faire renouer, plutôt que de se retirer des autres », a expliqué Stephanie Cacioppo, principale auteure de l’étude.