Biobag, bientôt un utérus artificiel pour les enfants prématurés ?

Une équipe de chercheurs du Children’s Hospital of Philadelphia travaille actuellement sur la conception d’un utérus artificiel. Dernièrement, ils ont testé un fœtus d’agneaux dans un dispositif qui ressemble beaucoup à un sac en plastique. Celui-ci contient les éléments essentiels de la poche utérine. Au bout de quatre semaines, le fœtus de l’animal s’est développé conformément à la manière naturelle.

Le dispositif qui simule les fonctions vitales de l’utérus a été baptisé Biobag. Concrètement, c’est une enceinte qui entoure le fœtus et le préserve des conditions extérieures défavorables. Il contient une solution électrolyte semblable au liquide amniotique et il intègre des tuyaux destinés aux échanges du dioxyde de carbone et de l’hydrogène.

Biobag

Dans le but d’analyser la manière dont les organes se sont développés, les scientifiques ont euthanasié le fœtus animal. Ils estiment que le Biobag sera finalisé d’ici trois ans.

Un effort de mimétisme

L’équipe menée par Alan Flake a pensé le Biobag en essayant de mimer minutieusement la nature. Le chirurgien a précisé qu’il fallait faire en sorte que la circulation entre l’intérieur et l’extérieur soit la plus naturelle possible. L’équipe a ainsi simulé aussi bien la qualité des éléments échangés que la pression et l’écoulement des fluides. Le Biobag dispose alors d’un système d’oxygénation parfaitement calibré.

Les fœtus d’agneaux ont été placés dans leur nouvelle capsule après trois mois de gestation. Chez l’humain, cela équivaut à un fœtus de cinq à six mois. Après un mois passé dans les dispositifs, ils ont pu ouvrir leurs yeux et bouger un peu. L’équipe a aussi précisé que leurs poumons ainsi que leur cœur se développaient normalement.

Un changement de face du développement prénatal ?

L’objectif de l’équipe, notamment celui de transposer cet incubateur artificiel aux fœtus humains, est un défi de taille. Selon une étude faite par Nature Communications, les fonctions neurologiques des moutons seraient très limitées. Ceux de l’humain seraient très complexes, il ne sera donc pas aisé d’estimer les impacts neurologiques à long terme sur les hommes.

L’équipe devra alors prendre en considération plusieurs paramètres. Cette innovation ne pourrait donc être mise en application sans être perfectionnée. « En les regardant, il est immédiatement clair qu’ils ne devraient pas déjà être là, ils ne sont pas prêts », a noté Emily Partridge, un médecin membre de l’équipe à ce propos.

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