Boire une bouteille de vin par semaine reviendrait à fumer 10 cigarettes

Une étude réalisée au Royaume-Uni a révélé que la consommation d’une bouteille de vin par semaine augmenterait le risque de cancer. Cela équivaudrait à fumer cinq cigarettes pour les hommes et dix pour les femmes, dans la même période. L’objectif de la recherche est de faire comprendre qu’une consommation modérée d’alcool, souvent considérée comme « sans danger pour la santé », n’est pas si inoffensive.

« Tout le monde sait que les cigarettes causent le cancer », a déclaré Dr Richard Saitz, spécialiste en toxicomanie et directeur du département des sciences de la santé communautaire à l’Université de Boston.

vin

Crédits Pixabay

« Faire entendre qu’une quantité d’alcool équivaut à celle des cigarettes en termes de risque de cancer est une meilleure idée. »

L’étude a été initiée par l’University Hospital Southampton NHS Foundation Trust et dirigée par le Dr Theresa Hydes, du département de gastroentérologie et d’hépatologie de l’hôpital universitaire de Southampton.

Pour faire des choix de vie plus éclairés

Selon Theresa Hydes, la comparaison contribue à transmettre le message de manière plus efficace. Elle aide les individus à modifier leur mode de vie. L’alcool évoque un risque à long terme dans l’ensemble de la population.

« Notre estimation sur l’équivalence entre cigarette et alcool fournit une mesure utile pour la communication des risques de cancer », a-t-elle avancé. « En utilisant la cigarette comme comparateur, nous ferons passer le message plus efficacement. C’est pour aider les individus à faire des choix de vie plus éclairés. »

Un sondage mené en 2017 par l’American Society of Clinical Oncology avait révélé que soixante-dix pour cent des Américains ignorent le lien entre l’alcool et le cancer. Au Royaume-Uni, le risque de cancer à long terme tourne autour de cinquante pour cent. Jane Green, professeure à l’université d’Oxford, pense qu’il est crucial d’adapter notre appréhension de la réalité en prenant en compte ces résultats.

« On sait parfaitement qu’une consommation d’alcool importante est associée au cancer de la bouche, de la gorge, du larynx, de l’œsophage, des intestins, du foie et de la poitrine. Pourtant, contrairement au tabac, ça ne semble pas encore bien intégré par le public », a-t-elle confirmé.

Une bouteille de vin contient près de quatre-vingts grammes d’alcool pur. Les recherches ont estimé qu’en boire une par semaine expose un homme qui ne fume pas à 1% de risque de cancer au cours de sa vie. Le risque s’élève à 1,4% chez une femme. Cette dernière encourt principalement le cancer du sein.

Jusqu’à présent, l’accent n’a jamais été réellement mis sur le fait que l’alcool soit un cancérigène connu. D’ailleurs, certaines directives diététiques suggèrent une consommation journalière.

« Si je n’appelais pas cela du vin, de la bière ou des cocktails, mais tout simplement un cancérigène, personne ne parlerait plus du nombre de verres qu’on pourrait avoir », a déclaré Saitz.

Le tabac n’est pas moins dangereux

Il y a lieu de noter que cette étude ne prend en compte que le risque de cancer. En effet, l’alcool n’est pas aussi nocif que la cigarette. Le tabagisme apporte relativement plus de problèmes de santé, tels que les maladies cardiovasculaires, respiratoires ou hépatiques.

En outre, toutes les études ne vont pas dans le même sens. En 2018, par exemple, des chercheurs de l’université de Belfast ont annoncé que les personnes qui boivent un peu d’alcool vivent plus longtemps que ceux qui s’abstiennent totalement. Prendre trois verres de vin ou de bière par semaine pourrait réduire le risque de décès.

Mots-clés médecinesanté