Cancer : la culture de mini-tumeurs cancéreuses pourrait aider à trouver des traitements

Le taux de mortalité dû au cancer reste encore très élevé de nos jours. Avec 9,6 millions de décès rien qu’en 2018, le nombre de personnes touchées par cette maladie a atteint les 18 millions à travers le monde.

Dans l’optique de lutter contre ce fléau, des chercheurs tentent une nouvelle approche pour trouver des traitements qui pourront être efficaces dans un avenir très proche.

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L’entreprise Qgel a décidé de cultiver des mini tumeurs sur des organes synthétiques et espère trouver les soins les plus adaptés pour chaque patient atteint du cancer.

Si depuis toujours, les cellules cancéreuses faisaient l’objet de traitement standard, les résultats n’étaient pas toujours concluants. Ainsi en développant des mini tumeurs, les chercheurs comptent copier le comportement du cancer sur des organes semblables à ceux de l’être humain afin de pouvoir en fournir le meilleur traitement.

Reproduire le cancer pour ensuite l’éradiquer

Avec l’aide de l’École polytechnique fédérale de Zürich et de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, la société Qgel a développé des états cancéreux à partir d’organoïdes fait à base de gel synthétique. Selon le PDG de Qgel, Colin Sanctuary : « Il est possible de cultiver des cellules cancéreuses hors du corps, et donc de les soumettre à des tests pour aider le médecin à choisir le meilleur traitement possible. »

Cette nouvelle approche permettra également d’analyser de plus près le comportement et l’évolution du cancer sur les organoïdes tout en tenant compte du profil biologique de chaque individu. Dans un sens, les résultats permettront aux oncologues de proposer le meilleur traitement en fonction de l’état d’évolution du cancer et le varier ainsi suivant les besoins du patient.

Une approche qui avait déjà été testée

Ce n’est pas la première fois que des organoïdes sont développés en vue de traiter les organes cancéreux. En 2009, le laboratoire de Hans Clevers du Hubrecht Institute avait déjà entrepris des recherches dans ce sens. À l’époque, c’étaient des organoïdes d’intestins qui avaient fait l’objet d’une étude. Aujourd’hui, des organoïdes cancéreux prenant pour modèle les reins, le foie, la rétine, le cerveau ou encore la rétine sont aussi cultivés.

Lors des premières recherches en 2009, les gels utilisés dans la création des organoïdes étaient d’origine animale. Les questions d’ordres éthiques pourraient donc expliquer la non-commercialisation des traitements issus des résultats. Colin Sanctuary avance aujourd’hui une solution synthétique dont le fonctionnement reste semblable à celui des organes humains.

Afin de pouvoir effectuer les essais cliniques nécessaires au développement de nouveaux médicaments contre le cancer, les chercheurs ont encore besoin de financements conséquents. Il faudra donc attendre 2023 ou même 2024 avant de voir sur le marché ces nouveaux traitements.