Certains poissons des abysses seraient capables de voir dans le noir et en couleur

L’évolution a doté la nature de capacités très étonnantes qui ne cesseront de nous surprendre. À l’instar de certaines espèces de poissons qui habitent les profondeurs des abysses, capables de voir en couleur dans un environnement quasi-obscur.

La vision est une capacité sensorielle essentielle, mais pour certaines espèces de poissons des fonds océaniques, cette capacité est portée à son maximum, leur permettant de survivre, de chasser et de procréer dans des conditions de luminosité pas tellement évidentes.

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Cette étonnante aptitude a été étudiée par une équipe de l’Université de Bâle (Suisse). Elle est notamment due à la présence dans le génome de 13 espèces de poissons peuplant les profondeurs océaniques d’au moins 38 gènes qui codent la rhodopsine, une protéine qui compose les cellules en bâtonnets et qui permet la vision dans l’obscurité.

Comparé à l’humain et à d’autres vertébrés qui en possèdent également, le nombre de gènes codant ce type de protéines est un record chez 13 poissons des profondeurs.

Des cellules en forme de cônes et de bâtonnets

La vision fait appel à deux types de cellules qui tapissent la rétine et qui vont réagir à la lumière pour permettre à l’œil de percevoir et de distinguer les formes et les couleurs en fonction de la quantité de lumière ambiante.

Pour faire simple, d’un côté il y a des cellules photoréceptrices en forme de cônes, responsables de la vision diurne et de la distinction des couleurs (clarté de la lumière), et d’un autre côté, il y a les cellules en forme de bâtonnets qui ont un rôle dans la vision nocturne (quantité de la lumière). Ces deux types de cellules fonctionnent grâce à un pigment, l’opsine, qui recouvre la membrane des cellules visuelles et réagit à la lumière, ce qui permet de voir.

La capacité de voir dans le noir et en couleur

En fonction du type de cellule photoréceptrice, car il y en a plusieurs, il y a une réaction différente selon la longueur d’onde du rayonnement lumineux que la cellule reçoit. Ce qui permet à l’œil de différencier les couleurs.

Mais contrairement à notre œil qui utilise les cellules coniques pour percevoir les couleurs, il semble que les espèces de poissons étudiées par cette équipe aient des cellules en forme de bâtonnets équipés de la capacité à réagir différentes longueurs d’onde. En tout cas, les protéines qui constituent l’opsine de leurs cellules visuelles en sont capables.

En clair, c’est comme si pouviez regarder dans le noir et percevoir des nuances de couleur, chose que les scientifiques s’accordaient à dire comme impossible jusqu’à maintenant.

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