Chez les Péruviens, les crânes allongés étaient un signe de richesse

Matthew Velasco est un bioarchéologue de l’Université Cornell. Il a examiné la forme de deux-cent-onze crânes humains d’une société pré-inca. En effet, ces vestiges momifiés appartenaient à des individus de la communauté ethnique de Collagua (au Pérou). Ces crânes ont été retrouvés dans différents cimetières de Collagua. Afin de les dater, il a passé  treize échantillons d’os et de sédiments à des analyses au radiocarbone.

Matthew Velasco a abouti à la conclusion selon laquelle les têtes des individus de la haute société étaient expressément modifiées. Il a constaté que les femmes qui avaient le crâne allongé subissaient moins de traumatismes physiques et jouissaient d’un niveau de vie plus décent et confortable.

Crâne Pérou

Les résultats de l’étude ont été présentés dans February Current Anthropology.

Les crânes des nourrissons ont été artificiellement modifiés

Les crânes proviennent de différentes structures funéraires pouvant être classées en deux catégories. La première a été construite contre une falaise. Velasco pense qu’elle était destinée aux personnes de haut rang. La seconde, probablement réservée à des aux gens ordinaires, regroupait des cimetières communs dans plusieurs grottes.

La grande partie des crânes datant de 1300 à 1450 retrouvés dans les structures de la première catégorie ont été artificiellement modifiés. Le façonnage était certainement pratiqué dès le plus jeune âge de l’enfant.

Des récits espagnols écrits dans les années 1500 racontent d’ailleurs que cette civilisation péruvienne maitrisait la connaissance des pratiques de façonnage de la tête. Le bioarchéologue estime que le caractère allongé de la tête était une marque sociale durant six-cents ans avant l’arrivée d’Incas en 1450.

Identité collective et unité politique

Deborah Blom, bioarchéologue de l’Université du Vermont à Burlington, a expliqué que « Velasco a découvert que la pratique de la modification crânienne était beaucoup plus dynamique au fil du temps et à travers les [groupes] sociaux ».

En effet, il a remarqué que la forme de la tête était déjà un trait distinctif des groupes sociaux de cette région avant la maîtrise des techniques. Les Collaguas avaient une tête haute et fine alors que celle des Cavanas était plutôt large et longue.

« Des formes de tête de plus en plus uniformes peuvent avoir encouragé l’identité collective et l’unité politique parmi les élites de Collagua », a-t-il expliqué.

Crédits Image : M. VELASCO