Climeworks : Première usine pour extraire le CO2 de l’air

La première usine d’extraction de CO2 de l’air vient d’être mise en service ce mercredi. Elle se situe en Suisse, à Hinwil, à cinq kilomètres de Zurich. Cette installation est l’oeuvre de la société Climeworks, qui envisage de transformer 1% du CO2 de la planète à l’horizon 2025.

Un procédé hors du commun qui pourra se démocratiser à l’avenir pour purifier l’atmosphère terrestre.

Pour capter le CO2, l’entreprise utilise un mur de trois étages de ventilateurs gigantesques pour aspirer l’air et capter le dioxyde de carbone.

L’industrie de l’écologie

Il sera ensuite transformé et réutilisé soit en carburant à faible teneur en carbone, soit en engrais végétal. Il pourra même servir à la commercialisation de boissons gazeuses. Le tout s’effectue sans produire de nouvelles émissions nocives pour la planète.

La quantité de CO2 recueillie à l’année par l’usine est équivalente aux rejets de 200 voitures, soit environ 900 tonnes de CO2. Ces chiffres peuvent sembler minimes, mais Climeworks prévoit de capter 1% de l’intégralité des rejets de la planète, ce qui correspond à cinq milliards de tonnes de CO2 !

Le procédé rappelle celui de la société Carbon Engineering, fabricant de billes de combustible synthétique situé au Canada.

Ces dix-huit ventilateurs brassent l’air pour l’amener contre un matériau faisant office de filtre, à la surface duquel il va se lier de manière chimique. L’opération s’effectue à température ambiante.

Des ventilateurs pour purifier l’atmosphère

Une fois les filtres saturés, ils sont chauffés à 90°c pour séparer les molécules de CO2 qui se retrouvent de nouveau à l’état gazeux. Étant donné que la procédure s’effectue en vase clos, il est possible de récolter ainsi un gaz composé purement de dioxyde de carbone. Il sera ensuite vendu pour diverses utilisations.

C’est d’ailleurs l’objectif de Climeworks, qui souhaite en faire une ressource exploitable commercialement. Le gaz se révèle intéressant pour plusieurs marchés, comme ceux des boissons gazeuses et des biocarburants cités plus haut, mais également l’agriculture et les cultures sous serres, qui nécessitent de réalimenter les végétaux en dioxyde de carbone.

Les chercheurs seront attentifs à la consommation importante d’électricité de l’usine, pour vérifier que le bilan carbone global reste bien négatif et pour ne pas perdre les bénéfices de cette installation. En effet, inutile de mettre en oeuvre un tel dispositif s’il rejette plus de CO2 qu’il n’en capte !