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Corse : des fouilles au large pour retrouver les restes d’un pilote de P-47

Aidée de plongeurs de la Marine française, une équipe d’archéologues américains a fouillé – entre le 25 juin et le 3 juillet dernier – les fonds marins au large de la localité de Castellare-Di-Casinca (à 40 kilomètres au sud de Bastia) en vue de retrouver les restes d’un pilote de P-47 crashé en 1944. C’est à bord du Pluton, le bâtiment-base des plongeurs-démineurs de la Marine française, que des chercheurs – rattachés à l’Armée américaine – étaient déployés sous le regard attentif de Simon Hankinson, le consul général des États-Unis basé à Marseille, note l’AFP présent sur place pour l’Express.

« C’est une question d’honneur pour les forces armées américaines: on ne laisse jamais quelqu’un tombé sur le champ de bataille. C’est une promesse qu’on tient, même aujourd’hui, 75 ans après« , estime l’intéressé. Une « promesse » faite aux « Boys » disparus lors des combats qui les ont opposés, entre 1943 et 1945, aux forces de l’Axe présentes sur le territoire italien ; mais aussi – et plus généralement – à l’ensemble des soldats disparus sur tous les théâtres d’opération de l’Armée américaine à travers les décennies.

Des plongeurs de la Marine française collaborent avec les États-Unis pour retrouver, au large des côtes corses, les restes d’un pilote de P-47 crashé en 1944.

Le lieu des fouilles est bien connu depuis les années 80, il aura toutefois fallu plus de trente ans pour que des recherches d’envergure soient initiées. « Ce sont des projets de récupération qui prennent des années », a expliqué à l’AFP le lieutenant américain responsable de cette mission de recherche.

Deux épaves de Republic P-47 Thunderbolt reposent donc par 18 mètres de fond sur le secteur désigné. Une première dont le pilote est parvenu à s’éjecter avant que son appareil ne s’abîme, une autre sur laquelle se concentre le gros des recherches, ou devrait-on dire de l’enquête. Ici, l’archéologie se mêle en effet aux techniques employées par la Police criminelle pour l’identification de dépouilles humaines. Analyses ADN en tête.

Permettre aux familles de « boucler l’histoire » 73 ans plus tard

« C’est comme une enquête policière, ce sont des preuves, on ne peut pas vous les révéler tant que le cas n’est pas résolu », explique d’ailleurs Peter Bojakowski, un archéologue sous-marin employé par la DPAA. Derrière cet acronyme se cache la « Defense POW/MIA Accounting Agency ». Une agence attachée au département de la Défense des États-Unis, créditée d’un budget annuel de 154 millions de dollars, et chargée de retrouver les restes de quelque 83.000 militaires américains, prisonniers de guerre, ou disparus au combat depuis la Seconde Guerre mondiale, indique l’Express.

Grâce au travail méticuleux des plongeurs, les chances de pouvoir identifier le pilote sont grandes. Il faut dire que les preuves se sont accumulées au cours de la semaine de fouilles. « Un fragment de la plaque personnelle d’identification du pilote, ses semelles en caoutchouc, sa montre et beaucoup d’ossements » ont ainsi été remontés à la surface détaille le commandant français du Pluton.

« Nous séparons les preuves potentielles que nous soumettons à un nettoyage profond pour voir s’il y a un numéro de série » indique pour sa part Ezra Swanson, un ingénieur de l’armée américaine. Par la suite, l’ensemble de ces éléments est transmis à l’un des deux laboratoires de la DPAA (situés à Hawaï et dans le Nebraska)en vue de tests ADN qui permettront de mettre un nom sur le restes émergés lors des recherches.

Contactée, la famille du pilote américain souhaite que ses restes soient enterrés soit au cimetière national d’Arlington (en Virginie), soit dans l’un des cimetières américains présents en France. De par sa proximité, le cimetière américain de Draguignan (dans le Var) pourrait donc accueillir une dépouille supplémentaire, très exactement 73 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Crédit illustration : Wikimedia

Nathan

Breton (presque) pure souche, Nathan est un nerd mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R. Selon lui, en matière de musique, plus c'est vieux... mieux c'est.