Cybersexe : un brevet expiré ouvre le champ des possibles

Dans les années 90, un brevet consacré aux appareils télédildoniques a été déposé aux États-Unis. Il est arrivé à expiration la semaine dernière et les créateurs d’objets connectés de ce type auront donc un peu plus de latitude quant à la conception de leurs produits.

À la base, ce brevet était détenu par Warren J. Sandvick, Jim W. Hughes et David Alan Atkinson. Les trois amis avaient ratissé large et le document englobait ainsi un ensemble de « méthode et dispositif pour le contrôle virtuel et interactif d’appareils sexuels utilisant des réseaux informatiques. » En raison de la description du brevet, une description beaucoup trop large, ce dernier englobait donc la plupart, si ce n’est tous les sextoys connectés qui pouvaient exister.

Toutefois, avec l’expiration de ce brevet, l’industrie du cybersexe se réjouit, car cela offre une possibilité d’explorer de nouveaux horizons et d’introduire de nouvelles innovations.

Un brevet qui emprisonnait les entreprises

Le fait que ce brevet pouvait s’appliquer à tous les constructeurs de sextoys permettait à son possesseur d’exercer une certaine pression sur la concurrence. C’est notamment ce qu’a fait l’entreprise Tzu Technologies après que les trois créateurs du brevet le lui aient vendu en 2015.

Cette société s’était alors mise à poursuivre en justice tous les fabricants de sextoys connectés trop en avance à son goût. Tzu Technologies avait notamment intenté un procès contre le fabricant Winzz qui avait conçu à l’époque deux sextoys du nom de Zeus et Hera qui étaient destinés aux amants qui se trouvaient dans des endroits séparés.

Un brevet abusif

L’utilisation à outrance de ce brevet par Tzu Technologies lui a valu le prix de « brevet le plus stupide du mois » par l’Electric Frontier Foundation (EFF). En 2015, un observateur du nom de Peter Hoslin a même laissé entendre que ce brevet risquait d’entraver l’innovation dans le domaine de la télédildonique.

L’expiration de ce brevet a donc été extrêmement bien reçue comme l’explique Kyle Machulis, un développeur télédildonique qui a déclaré que cela ouvrait une nouvelle voie pour l’industrie du cybersexe.

Les concepteurs n’auront plus aucun souci à se faire.

Toutefois, l’aspect légal du stockage et du transfert de données sensibles reste toujours un enjeu de taille selon lui ainsi que « la construction d’interfaces par lesquelles les gens pourront avoir des rapports sexuels. »

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