D. B. Cooper : le mystère bientôt résolu ?

Le célèbre skyjacker connu sous le nom de D.B. Cooper a crypté sa véritable identité dans une lettre adressée au journal The Oregonian en mars 1972, trois mois après s’être parachuté du vol 305, un Boeing 727-051 de la compagnie Northwest Orient Airlines.

Telle est la conclusion d’un enquêteur de longue date de l’affaire Cooper, qui a récemment examiné la lettre avec un ancien briseur de code de l’armée américaine.

DB Cooper

Le mystérieux preneur d’otage du vol 305

Au cours des deux dernières années, Thomas J. Colbert, consultant, écrivain et producteur américain, a essayé de convaincre le FBI que lui et son équipe d’enquêteurs des affaires classées, composée d’anciens hommes de loi et militaires, ont découvert la véritable identité de Cooper. Il s’agirait d’un ancien parachutiste et vétéran de la guerre du Vietnam nommé Robert W. Rackstraw Sr., maintenant âgé de 74 ans. Colbert est le co-auteur du livre « The Last Master Outlaw » (Le dernier maître hors-la-loi) publié en 2016, dans lequel il expose ses premières preuves contre Rackstraw.

Le casse-cou, quel qu’il soit, est devenu un héros populaire après avoir pris le contrôle le 24 novembre 1971 d’un vol de la compagnie Northwest Orient Airlines, qui faisait le trajet Portland – Seattle. Cooper réussit à obtenir une rançon de 200 000 $ avant de sauter de l’avion en parachute et de disparaitre. L’affaire reste officiellement non résolue. Le mythe populaire présente D.B. Cooper comme un homme romantique et très talentueux. Mais dans le récit de Colbert, le vrai Cooper – Rackstraw – est un sociopathe, un escroc, un criminel condamné à quatre reprises et, pour beaucoup, un tueur qui a échappé à une condamnation.

Jusqu’à présent, le FBI ne semble pas prendre le travail de Colbert au sérieux. Le bureau a clos le dossier en 2016 sans l’avoir résolu et n’a montré aucun signe d’intérêt renouvelé pour l’enquête. Il y a quelques mois, Colbert a révélé sa théorie sur les raisons pour lesquelles les agents sont silencieux. Le producteur pense que le FBI n’accusera pas Rackstraw parce qu’il est devenu un précieux pilote d’opérations secrètes pour la CIA dans les années 1970. Les deux agences américaines, bien sûr, n’ont pas commenté l’accusation.

Une série de lettres envoyées aux médias après la prise d’otage

La preuve circonstancielle la plus importante que Colbert prétend avoir est une suite de codes cryptés de l’armée, que Rackstraw aurait intégrée dans six lettres envoyées aux journaux en 1971 et 1972. Colbert a révélé dernièrement qu’un membre de son équipe, Rick Sherwood, un ancien briseur de code de l’US Army Security Agency, avait découvert un cryptage évident dans une lettre dactylographiée envoyée le 11 décembre 1971 au New York Times, au Los Angeles Times, au Washington Post et au Seattle Times.

Les journaux ont en effet reçu une série de lettres, supposées de Cooper, dans les mois et les années qui ont suivi le détournement de l’avion. La plupart des lettres ont été considérées comme étant des canulars, mais la lettre du 11 décembre a excité les enquêteurs du FBI à l’époque parce qu’elle révélait des détails clés sur le détournement de l’avion qui n’avaient pas été rendus publics. Elle comportait également une série de nombres apparemment aléatoires, auxquels le FBI n’a jamais réussi à donner un sens.

C’est parce que les agents du bureau ne savaient pas ce qu’ils cherchaient, a déclaré Sherwood à The Oregonian en janvier. L’analyste chevronné, quant à lui, savait ce qu’il cherchait : il a fait le rapprochement du message avec Rackstraw, son suspect, et sachant que Rackstraw avait reçu la même formation de base en cryptologie de l’Armée que lui-même.

Un coupable protégé par le FBI ?

Sherwood dit avoir rapidement découvert des chiffres correspondant aux unités militaires de Rackstraw au Vietnam : la 371ème Radio Research Unit, la 11ème General Support Company et l’Army Security Agency – des unités dans lesquelles Sherwood a également servi.

Sherwood a admis qu’il est concevable de penser qu’il a vu simplement ce qu’il voulait voir dans ces chiffres. « Ce n’est pas impossible », dit-il. « Mais quelles sont les chances que ces chiffres se soient retrouvés ici ? Un million sur un. Rackstraw ne pensait pas que quelqu’un serait capable de briser le code. »

Rackstraw, qui est maintenant à la retraite et vit dans la région de San Diego, était un suspect du FBI en 1978-79. Mais il a été soudainement « exclu » de la liste des suspects. Colbert a déclaré que la décision controversée a conduit une demi-douzaine d’agents spéciaux, travaillant sur l’affaire depuis plus d’un an, à rompre les rangs pour collaborer avec les journaux.

L’ancien parachutiste a fait des commentaires provocateurs aux médias à la fin des années 70, suggérant qu’il pourrait être le pirate de l’air. Mais en février dernier, il a adopté une nouvelle approche : pressé par un journaliste du Courthouse News Service de confirmer ou de nier qu’il était Cooper, le septuagénaire a été direct : « Il n’y a aucun démenti, mon cher. », a-t-il répondu. Rackstraw n’a plus répondu aux appels téléphoniques de ce journaliste depuis.

La lettre de « confession » de Rackstraw

Colbert a maintenant reçu une autre lettre dactylographiée via la Freedom of Information Act. Cette dernière a été envoyée en mars 1972 de Jacksonville, en Floride, à The Oregonian, qui l’avait alors confiée au FBI.

Sherwood dit que le code dans celui-ci est juste une technique consistant à « convertir des lettres en nombres puis de nouveau en lettres. » Il note que l’auteur avait répété des mots et des expressions clés dans le message. « Je savais que c’était là que l’auteur avait caché des messages », dit-il. Bientôt, il découvrit que Cooper, en « langage codé », s’identifiait lui-même. Colbert a appelé cela la « confession » de Rackstraw.

Avec ces lettres en main, Colbert est maintenant convaincu qu’il a non seulement des preuves indubitables que Rackstraw est le preneur d’otage, mais aussi la preuve que l’ancien parachutiste l’a effectivement reconnu. Bien sûr, le FBI doit encore donner sa propre conclusion. En attendant, le débat sur l’affaire D.B. Cooper devrait se poursuivre.

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