Dans le Dakota, on a découvert un cimetière de dinosaures lié au fameux météore qui les a exterminés

Le paléontologue Robert DePalma a découvert un site surnommé Tanis dans le Dakota du Nord. Celui-ci contient des fossiles vieux de soixante-six millions d’années. La fouille a commencé en 2013. Les éléments trouvés ont confirmé l’hypothèse selon laquelle il s’agit de cimetière de plantes et d’animaux tués après l’impact d’un astéroïde ou d’une comète.

Ce phénomène avait exterminé soixante-quinze pour cent de la vie sur Terre.

Simulateur astéroïdes

Crédits Pixabay

« C’est le premier ensemble de grands organismes trouvés, associés à la limite K-T », a déclaré DePalma. « Il n’y a aucune autre qui renferme une telle collection comprenant de nombreuses espèces représentant différents âges et différentes étapes de la vie. Ils sont tous morts au même moment, le même jour ». Il s’agirait ainsi du site archéologique le plus riche jamais trouvé.

La « limite K-T » ou « K-Pg » a marqué la fin du crétacé et le commencement de la période tertiaire, ou Paléogène. « C’est comme un musée de la fin du crétacé dans une couche d’un mètre et demi d’épaisseur », a déclaré Mark Richards, professeur de sciences de la Terre et de l’espace à l’Université de Washington.

Des tectites et des tsunamis dans le monde entier

Le site renfermait des poissons empilés les uns sur les autres, des troncs d’arbres brûlés, des branches de conifères, des mammifères morts, des os de mosasaures, des insectes, la carcasse partielle d’un Triceratops, des microorganismes marins appelés dinoflagellés et des céphalopodes ressemblant à des escargots appelés ammonites.

Il y a environ quarante ans, Walter Alvarez, professeur à l’Université de Berkeley, avait supposé que l’impact d’un météore était à l’origine d’une grande extinction de masse. DePalma a décidé de le consulter à propos des pluies de perles de verre et des vagues ressemblant au tsunami qui recouvraient et préservaient les poissons.

Les perles, appelées tectites, se seraient formées dans l’atmosphère à partir de roches pulvérisées par l’impact. Elles pleuvaient depuis l’espace à une vitesse comprise entre cent et deux cent mille kilomètres à l’heure. C’était si puissant que l’énergie a déclenché des incendies sur tout le continent américain, voire dans le monde entier.

Par ailleurs, au moins deux énormes tsunamis ont inondé la terre à une vingtaine de minutes d’intervalle. Ces énormes vagues ont créé les dépôts de fossiles et les ont recouverts de gravier, de sable, de sédiments fins et d’argile riche en iridium.

La récompense de quarante années de travail

Walter Alvarez et son père, le prix Nobel Luis Alvarez, ont été les premiers à se rendre compte de l’importance de l’iridium. Ce métal est rare sur Terre, mais commun aux astéroïdes et aux comètes. « Et maintenant, nous avons ce site complètement inattendu. Il nous offrira des informations détaillées sur ce qui s’était passé après le phénomène », s’est enthousiasmé Alvarez.

Jan Smit est un professeur retraité de géologie sédimentaire à Amsterdam aux Pays-Bas. Cet expert mondial des tectites s’est joint à DePalma pour analyser et dater ceux du site de Tanis. « Nous avons travaillé quarante ans avant que cela n’arrive, ceci pourrait bien être unique. C’est un beau cadeau à la fin de ma carrière. Walter le voit comme pareil », a-t-il confié.

Une grande partie des organismes ont conservé leur état initial. D’autres se trouvaient dans les ouïes des poissons. Smit a noté que le corps d’un Triceratops et d’un hadrosaure à bec-de-canard prouvait que les dinosaures étaient encore en vie au moment de l’impact.

« Je suis allé sur le site en 2015 et nous avons découvert un tronc d’arbre calciné recouvert d’ambre », a déclaré Jan Smit. Celui-ci faisait office d’aérogel et capturait les tectites qui n’ont même pas un pour cent d’altération. C’était une découverte majeure. »

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