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David Lipman, l’adolescent qui a aidé le SETI à rechercher des extraterrestres

David Lipman était encore un lycéen lorsque KIC 8462852 s’est subitement retrouvé sous les feux des projecteurs. Intrigué, il a donc postulé auprès du SETI pour un stage d’été et il a développé à cette occasion un algorithme capable de filtrer les données captées par nos observatoires, un algorithme qui a été d’une aide précieuse à l’institut.

KIC 8462852 est une étoile très particulière. En octobre 2015, des astronomes ont effectivement réalisé que l’astre connaissait des variations de luminosité inhabituelles.

KIC 8462852

Contrairement aux idées reçues, la luminosité d’une étoile n’est pas constante et il arrive fréquemment que des variations soient enregistrées.

KIC 8462852, une étoile pas comme les autres

Ces dernières sont très utiles puisqu’elles peuvent être un signe de l’existence d’une ou de plusieurs exoplanètes. La plupart des observatoires spatiaux utilisent d’ailleurs cette méthode pour identifier et catégoriser les systèmes stellaires se trouvant dans leur zone d’étude. Il s’agit de ce que l’on appelle la méthode des transits.

Dans le cas de KIC 8462852, ce ne sont donc pas les variations lumineuses détectées qui ont surpris les astronomes, mais plutôt leur intensité et – surtout – leur périodicité.

En étudiant l’étoile, les astronomes ont en effet noté des baisses de luminosité atteignant les 20 %, des baisses totalement irrégulières et pouvant survenir n’importe quand.

Plusieurs hypothèses ont été avancées pour tenter d’expliquer ces variations et l’une d’elles suggérait qu’une sphère de Dyson se trouvait peut-être dans l’orbite de l’astre.

À l’origine, ces constructions ont été formulées pour la toute première fois par Olaf Stapledon, un romancier de science-fiction. Ce dernier évoquait en effet dans Star Maker des appareils fonctionnant comme des pièges à énergie, des appareils capables de stocker et de redistribuer l’énergie émise par les étoiles pour alimenter une civilisation.

Séduit par le concept, Freeman J. Dyson, un physicien britannique, a consacré un article à la possible existence de ces mégastructures, donnant ainsi naissance à la fameuse sphère de Dyson.

Un algorithme développé pour le SETI

Très vite, KIC 8462852 s’est donc retrouvé au centre de toutes les attentions et de nombreuses études lui ont été consacrées depuis.

David Lipman, lui, se trouvait donc au lycée lorsqu’il a entendu parler pour la première fois de cette étrange étoile. Comme il l’a lui-même expliqué à Inverse, c’était un peu comme si les films de science-fiction devenaient enfin réalité. Fermement décidé à apporter sa contribution, le lycéen a donc profité d’un stage d’été pour postuler au SETI de Berkeley.

C’est à cette occasion qu’il a eu l’occasion de développer son algorithme.

L’algorithme en question n’avait qu’un seul but : aider les équipes de l’institut à mieux repérer les variations lumineuses de l’étoile. À les repérer, mais aussi à les interpréter. Le programme était en effet capable de rechercher une potentielle activité laser en analysant les données collectées par nos instruments.

Toutefois, l’outil n’a rien donné. À ce jour, aucune activité artificielle n’a en effet été repérée dans l’orbite de l’étoile. L’explication la plus cohérente suggère ainsi que ces variations lumineuses sont causées par un important nuage de poussière situé dans la région.

Ceci étant, cela n’a pas empêché David d’être cité dans un article scientifique, un véritable honneur pour un lycéen en stage.

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