Décret d’exploitation minière d’une réserve amazonienne : le Brésil fait machine arrière

Le 23 août 2017, un décret signé par le président brésilien Michel Temer concernant la suppression de la réserve nationale de Renca d’une superficie de 47 000 km² dans la forêt amazonienne des États du Para et de l’Amapa a suscité la polémique. Ce décret offrait la possibilité à des compagnies privées d’exploiter les réserves minières de cette réserve nationale.

Suite aux nombreuses protestations des ONG environnementales, le gouvernement brésilien est revenu sur sa décision. Le lundi 25 septembre 2017, il a annoncé l’annulation du décret autorisant l’exploitation minière de la réserve naturelle.

Forêt

Le ministère des Mines et de l’Énergie du Brésil a indiqué que le mardi 03 octobre 2017, la présidence allait publier un nouveau décret qui « rétablit les conditions de la zone, conforme au document qui a créé la réserve en 1984. »

Des critiques virulentes

Lors de l’annonce du décret le 23 août 2017, Michel Temer s’était défendu en affirmant que cette mesure visait « à contrôler et dynamiser l’activité minière dans la réserve, sans affecter les zones protégées, dans le cadre de ses mesures libérales pour sortir le Brésil de la pire récession de son histoire. »

Ce discours n’a pas convaincu les manifestants du monde entier qui ont estimé que l’exploitation privée allait aggraver la déforestation de la réserve de Renca, faire reculer la biodiversité et nuire aux ethnies indigènes qui vivent dans cet endroit.

Greenpeace monte au créneau

Des ONG comme Greenpeace, World Wildlife Fund ou encore Survival International sont venues grossir les rangs des manifestants qui s’opposaient à ce décret. Mauricio Voidovic, directeur exécutif de WWF au Brésil, a déclaré que la suppression de cette réserve est une « tragédie annoncée qui peut entrainer la déforestation et la pollution des fleuves. »

Tout ce tumulte a contraint le Ministère des Mines et de l’Énergie à suspendre le décret pendant 120 jours. Par la suite, la justice a fini par supprimer le décret en question pour des raisons constitutionnelles et pour protéger l’environnement.

Selon Marcio Astrini, coordonnateur des politiques publiques de Greenpeace Brésil, « l’annulation du décret montre qu’aucun gouvernement n’est à l’abri de la pression publique. » Remercier le Président de revenir sur sa parole était fairplay plutôt que se montrer aussi orgueilleux…

Mots-clés écologie