Des chercheurs ont prolongé de 30% l’espérance de vie de plusieurs souris

Jan van Deursen et ses collègues peuvent se frotter les mains. Ils sont effectivement parvenus à prolonger de 30% l’espérance de vie moyenne de plusieurs souris avec leur dernière expérience. Comment ? En nettoyant leur organisme de toutes les cellules sénescentes. Et le plus beau dans l’histoire, c’est qu’il serait parfaitement possible d’utiliser la même technique sur l’être humain. En théorie du moins.

Jan van Deursen travaille depuis plusieurs années pour l’école de médecine de Mayo, aux Etats-Unis. Il se passionne pour beaucoup de choses mais il a surtout axé ses travaux sur la sénescence.

Immortalité souris

Des chercheurs américains sont parvenus à retarder le vieillissement cellulaire de plusieurs souris grâce à une méthode insolite.

En biologie, la sénescence fait en réalité allusion au processus du vieillissement.

Si nous vieillissons (et mourons), c’est à cause de la sénescence

Ce n’est pas vraiment une révélation mais la plupart des espèces animales sont confrontés à une dégradation progressive des fonctions de l’organisme à mesure que le temps passe. Cela vaut pour l’être humain mais également pour tous les mammifères ainsi que pour les plantes et les insectes.

Toutefois, certaines espèces sont parvenues à échapper à ce processus et c’est notamment le cas de la méduse Turritopsis Nutricula. Cette dernière est même capable d’inverser son processus de vieillissement et elle est ainsi biologiquement immortelle.

De nombreux scientifiques l’ont étudié mais personne n’a vraiment compris comment elle parvient à retourner à sa forme juvénile après avoir atteint sa maturité sexuelle.

Une chose est sûre en tout cas, l’immortalité de cet organisme a de terribles conséquences sur l’écosystème des océans puisque la méduse se répand de plus en plus à travers le globe.

Mais cette méduse n’est pas la seule à offrir une certaine résistance à la sénescence puisque les arbres sont aussi capables de limiter le vieillissement de leurs cellules à certaines parties de leur organisme, comme leurs feuilles. Idem pour de nombreux végétaux.

Quoi qu’il en soit, Jan van Deursen est passionné par la chose et il a conduit de nombreuses études au fil de ces dernières années.

Ce n’est pas la première expérience menée par Jan van Deursen

En 2011, son équipe était même parvenue à retarder l’apparition de toutes les pathologies liées à la sénescence en modifiant génétiquement plusieurs souris et en provoquant notamment un vieillissement accéléré.

Cette fois, les choses sont un peu différentes car les chercheurs se sont contentés de modifier leurs souris pour leur donner la possibilité de produire un enzyme spécifique dans les cellules atteintes de sénescence.

Ensuite, il suffit d’injecter un produit catalyseur dans leur organisme pour les détruire.

En conduisant leurs tests, ils ont aussi remarqué que ces injections étaient beaucoup plus efficace si elles démarraient à la mi-vie, à raison de deux piqures par semaine.

Grâce à cette méthode, Jan van Deursen est parvenu à allonger la durée de vie de ces mulots de 30% par rapport à l’échantillon témoin. Pas mal, mais ce n’est pas le plus impressionnant car elle a aussi supprimé une bonne partie des pathologies liées à la vieillesse.

Ces souris souffrent moins de cataracte et elles sont aussi moins touchées par les pathologies cardiaques, rénales ou graisseuses. Mieux, le déclenchement des cancers a aussi été retardé.

Attention cependant car tout n’est pas rose pour autant. Les cellules sénescentes n’ont pas été éliminées de tous les organes des souris et elles sont ainsi restées dans le foie et dans le côlon. Les injections n’ont eu aucun effet sur les lymphocytes non plus et elle n’ont pas empêché la dégradation de la mémoire ou des capacités motrices des cobayes.

Autrement dit, il faudra attendre encore un peu avant de pouvoir prétendre à l’immortalité. De toute façon, nous sommes encore loin des premières expérimentations humaines.

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