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Des chercheurs ont utilisé des spermatozoïdes dans le cadre d’un traitement contre le cancer

La chimiothérapie standard permet d’administrer des médicaments anticancéreux chez un patient. Néanmoins, l’inconvénient de cette technique est que les médicaments ne sont pas seulement toxiques pour les cellules cancéreuses, mais aussi pour les cellules normales. De ce fait, le procédé entraîne souvent des malaises. La dose est donc restreinte. Depuis des années, les chercheurs essaient de trouver le moyen de cibler directement les tumeurs.

Dernièrement, une équipe de l’Institute for Integrative Nanosciences de Dresde a obtenu un résultat encourageant. Les expérimentations ont été menées par Haifeng Xu de l’Institut Leibniz de recherche sur les matériaux solides et les matériaux en Allemagne. L’équipe a testé l’efficacité des spermatozoïdes en tant que vecteur de médicaments anticancéreux.

Spermatozoides

Il sera sans doute bientôt possible de créer des spermatozoïdes de toute pièce.

Les chercheurs ont réalisé l’expérience in vitro. Le test a été effectué sur des cellules cancéreuses de l’utérus. Haifeng Xu pense qu’à terme, cette méthode pourrait servir au traitement de nombreuses pathologies de l’appareil reproducteur féminin.

Le transporteur-livreur idéal

Pour rappel, le gamète mâle possède une très grande mobilité grâce aux flagelles. Il est également capable de pénétrer un tissu, comme il fait avec l’ovule. Par ailleurs, le spermatozoïde peut résister durant plusieurs jours dans l’organisme. De plus, à la différence des antigènes, il n’est pas rejeté par les anticorps. Il dispose également d’un espace de stockage protégé.

Pour l’expérience, les chercheurs ont utilisé du sperme de taureau, plus ou moins semblable à celui de l’homme.

L’équipe a ainsi rempli les spermatozoïdes de doxorubicine. Il s’agit d’un médicament couramment utilisé en chimiothérapie. Afin de guider les gamètes, les scientifiques allemands ont conçu un microharnais, une sorte de tétrapode. Suivant un champ magnétique, le dispositif emprisonne le spermatozoïde jusqu’à ce que la cellule cible soit atteinte. Une fois arrivés à destination, les spermatozoïdes sont libérés.

Une percée prometteuse

En trois jours, les spermatozoïdes ont détruit quatre-vingt-sept pour cent des mini tumeurs de cancer du col de l’utérus.

Haifeng Xu est persuadé que cette méthode pourrait servir pour soigner des maladies comme l’endométriose. Il s’agit d’une inflammation des ovaires et des trompes de Fallope, souvent causée par une infection génitale.

Néanmoins, force est de constater que ce procédé nécessitera encore de nombreuses mises au point avant d’être applicable. Il soulève également plusieurs enjeux bioéthiques auxquels il faudra mûrement réfléchir.

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