Des chercheurs veulent enseigner la peur aux IA pour en faire de meilleurs conducteurs

Les véhicules autonomes sont dotés d’une intelligence artificielle leur permettant de prendre des décisions tous seuls. Ces algorithmes prennent des leçons de leurs erreurs pour évoluer. Cependant, la conduite est tellement délicate que les erreurs ne sont pas permises. C’est la raison pour laquelle les ingénieurs de Microsoft pensent qu’il faudrait enseigner la peur aux intelligences artificielles.

La peur aiderait les IA à devenir de meilleurs conducteurs. C’est la conclusion des expériences que les ingénieurs ont menées.

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Crédits Pixabay

Afin de concevoir un analogue approximatif de l’anxiété chez les programmes d’IA, les scientifiques ont placé des capteurs sur des conducteurs humains. Les infirmations recueillies ont ensuite été intégrées dans un algorithme.

Selon les chercheurs, les « signaux de peur » permettent aux IA de mieux appréhender le danger. Les résultats de l’étude ont été présentés dans un article paru dans Science magazine le 10 mai 2019.

Utiliser les réponses du système nerveux pour naviguer dans le monde réel

Pour l’intérêt de l’expérience, des capteurs ont été placés sur les doigts des quatre volontaires qui passaient dans un simulateur de conduite.  Le but était d’enregistrer et de mesurer leurs pulsions et leurs degrés d’excitation. Chaque participant a simulé 80 min de conduite.

Les chercheurs ont enseigné l’IA à anticiper l’amplitude du pouls d’une personne normale à chaque moment du parcours.

« Tout comme les humains qui apprennent à naviguer dans le monde, les réponses du système nerveux autonome (par exemple “faire face” ou “fuir”) fournissent un retour d’information intrinsèque sur les conséquences potentielles des choix d’action (par exemple, devenir nerveux à l’approche d’un bord de falaise ou rouler rapidement dans un virage) », peut-on lire dans l’article.

Un quart d’accidents en moins

D’après les chercheurs, quelqu’un qui a peur se dit qu’il est en train de faire quelque chose de mal. Elle inclut aussi, par exemple, le sentiment de tourner trop rapidement. Les données issues de cet état d’esprit permettraient à l’IA de savoir quand il ne faut pas braver le danger, même si la décision est sûre.

D’après l’étude, un quart d’accidents en moins a été enregistré pour les programmes d’IA qui traient les « signaux de peur ».

Selon les ingénieurs, cette alternative pourrait être bénéfique pour d’autres secteurs de l’IA, outre celui de la voiture autonome. En effet, ces résultats tendent à démontrer qu’il est possible d’intégrer des analogues approximatifs des sentiments humains aux intelligences artificielles.