Des étudiants ont réussi à imprimer un moteur spatial en 3D

La construction des moteurs destinés aux engins spatiaux nécessite l’usinage, l’assemblage puis le montage de quelques milliers de pièces. Mais il se pourrait bien que l’impression 3D soit une orientation qui pourrait satisfaire aux besoins de l’ingénierie aérospatiale. Un groupe d’étudiants de l’Estaca en apporte la preuve.

Le groupe d’apprentis ingénieurs, spécialisés dans les transports et les nouvelles mobilités, s’est penché sur un projet qui a comme objectif la construction d’un moteur de fusée en un seul bloc, moyennant un procédé d‘impression 3D métallique. Et cela passe par toutes les étapes de développement, en vue de réaliser un moteur utilisant des propergols liquides comme source d’énergie.

Des étudiants ont réussi à imprimer un moteur spatial en 3D

Crédits Pixabay

Le projet, à titre de projet de fin d’études pour les 9 étudiants qui constituent le groupe, est baptisé Aurora Liquid Engine. Et il est réalisé en collaboration avec Ariane Group, l’entreprise de construction de fusées européennes et Air Liquid, moyennant un encadrement académique et professionnel bien évidemment.

Un gain de masse et une économie notables

Construire un moteur en un seul bloc est une technique qui est déjà beaucoup utilisée dans le domaine de la course automobile. Pourquoi ne pas en faire de même pour la fabrication d’un moteur pour des engins spatiaux ?

C’est donc le défi que l’équipe de futurs ingénieurs a décidé de réaliser dans le cadre de leur projet de fin d’études en mettant à profit l’utilisation de la technique d’impression 3D métallique. En effet, avec cette méthode, on peut réaliser d’une seule traite la fabrication du moteur et s’affranchir des tracas que nécessitent l’usinage puis l’assemblage de plusieurs milliers de pièces lors du montage d’un tel moteur.

On gagne ainsi du temps tout en économisant du matériel pour la fabrication du moteur, avec tous les avantages en termes de performance que constitue un matériau sans jointures, ni vissages, ni soudures.

Un premier essai prévu pour juin 2019

Le moteur, fabriqué en impression avec un superalliage appelé « inconel 718 », contenant du nickel ainsi que d’autres métaux comme le chrome, le magnésium, le fer ou encore le titane, sera testé pour vérifier qu’il est à la mesure des attentes de l’industrie aérospatiale.

Un tir statique est ainsi prévu en juin prochain là même où les moteurs de la fusée Ariane 6 sont construits et testés. Il durera environ 30 secondes, ce qui permettra à l’équipe de récupérer et de, plus tard, analyser des données sur son comportement en situation d’utilisation.

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