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Des scientifiques chinois veulent guérir la « dépression » des pommes de terre

Saviez-vous que certains légumes, notamment ceux de types tubercules comme les pommes de terre, peuvent également souffrir de dépression ? Bien évidemment, ça n’a rien à voir avec la dépression humaine. Celle des pommes de terre se manifeste par un retard de croissance ou une durée de vie plus courte chez les tubercules qui deviennent ainsi moins bons et pourrissent plus vite.

Des chercheurs de la Chine et de Singapour ont décidé de remédier à ce problème en étudiant de près les génomes des pommes de terre.

Le but est de déterminer la cause de cette « dépression » et d’y apporter une solution sur le long terme.

Un document détaillé sur les recherches menées par les scientifiques a été publié dans la revue Nature Genetics.

Un problème de mutation et de consanguinité

Vous l’avez sans doute remarqué, les agriculteurs ont pris l’habitude de planter des pommes de terre à partir d’autres pommes de terre. Cette pratique crée des générations de clones qui entrainent ensuite de mauvaises mutations génétiques dues à la consanguinité.

Selon les recherches menées par les scientifiques chinois, la dépression des pommes de terre serait justement causée par cette génération de clonage. Cela entraîne l’apparition de mutations génétiques néfastes qui se perpétuent dans le génome des patates.

Les experts avancent que la culture par clonage des pommes de terre serait la source de nombreuses combinaisons de gènes différentes dans leurs génomes complexes.

Bientôt des pommes de terre diploïdes ?

Avant tout, il faut savoir que la plupart des variétés de pommes de terre cultivées par clonage sont « tétraploïdes, » c’est-à-dire qu’elles possèdent quatre ensembles de chromosomes qui augmentent le risque de mauvaise mutation du gène des patates.

C’est ainsi que le groupe de spécialistes a eu l’idée de cultiver des pommes de terre diploïdes qui possèdent deux et non quatre séries de chromosomes. Cette variété de patates permettrait aux agriculteurs de cultiver des pommes de terre de meilleure qualité avec la possibilité de contrôler la couleur, la forme, la texture ainsi que d’autres propriétés du légume.

L’idée est séduisante mais pour l’instant, elle se heurte à un problème de taille : les pommes de terre diploïdes seraient davantage exposées à des générations de consanguinité. Les recherches continuent pour tenter de résoudre cette difficulté.