Des scientifiques ont reconstitué un squelette complet du Thylacoleo carnifex

Il y a environ 45.000 ans, l’Australie était habitée par une espèce mammifère marsupiale carnivore, le Thylacoleo carnifex, aussi connu sous le nom de lion marsupial. Cet animal était ce que sont les araignées, requins et serpents pour nous aujourd’hui, un animal qui suscite la peur.

Toutefois, le lion marsupial était beaucoup plus effrayant étant donné que de nombreuses histoires ont circulé à son propos que les scientifiques n’ont jamais pu vérifier jusqu’à maintenant.

Pour la première fois, des paléontologues de l’Université Flinders, en Australie, ont pu reconstituer un squelette complet du Thylacoleo carnifex en combinant d’anciens vestiges fossilisés avec de nouveaux vestiges découverts plus récemment. La recherche est parue dans la revue PLOS One le mercredi 12 décembre 2018.

La reconstitution de ce squelette a non seulement permis de comprendre les habitudes alimentaires de cet animal préhistorique, mais aussi ses techniques de chasse.

Un prédateur terrifiant

Les vestiges fossilisés découverts dans le sud de l’Australie en 2007 ont permis de comprendre que si le lion marsupial avait auparavant terrorisé les forêts australiennes, c’est avant tout à cause de son anatomie.

En effet, les nouvelles preuves fossiles laissent supposer que le Thylacoleo carnifex était aussi grand qu’un lion et que ses griffes étaient aussi grandes et épaisses que le pouce. De même, en combinant les découvertes récentes avec les anciens vestiges, les chercheurs ont pu dresser un nouveau portrait des habitudes de chasse du lion marsupial.

Le mythe du « drop bear » est écarté

Les recherches antérieurement effectuées ont suggéré que le lion marsupial avait des caractéristiques communes avec le lion d’Afrique, qu’il n’était pas un grimpeur d’arbre ni un coureur agile. Cependant, l’étude du squelette complet par l’équipe de recherche a révélé que le Thylacoleo carnifex était un véritable diable de Tasmanie.

Selon les chercheurs, l’animal présenterait des similitudes avec l’espèce éteinte du thylacine et le kangourou rouge. Les os en forme de V dans la queue du lion marsupial laissent aussi à penser qu’il pouvait se tenir sans problème sur ses pattes postérieures et s’en servir comme appui. Quant à ses méthodes de chasse, les chercheurs de Flinders supposent que l’animal était un chasseur actif et un prédateur en embuscade.

Néanmoins, le professeur Rod Wells a déclaré ABC qu’il était réticent à qualifier le lion marsupial de « drop bear ». Il s’agit d’un mythe australien selon lequel les koalas laisseraient des arbres tomber sur leur proie. Selon ce professeur, le lion marsupial était plus du genre à simplement traîner sa proie sur un arbre pour la dévorer. « Mais je pense que c’est vraiment un prédateur furtif » ajoute-t-il.