Des vers se sont réveillés après 40 000 ans passés dans le pergélisol

La Sibérie est connue pour être une région extrêmement hostile, mais elle constitue aussi une formidable opportunité pour les chercheurs et les glaciologues en raison de l’étendue de son pergélisol. Or justement, l’année dernière, en examinant des échantillons pris dans la région, Tatiana Vishnivetskaya a eu la surprise d’assister au réveil de vers… vieux de plusieurs dizaines de milliers d’années.

Si l’expression n’évoque rien en vous, alors sachez que le pergélisol désigne habituellement la partie gelée d’un cryosol.

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En règle générale, le pergélisol ne se développe que sur les hautes altitudes, comme le Canada, le Groenland ou encore l’Alaska… et la partie sibérienne de la Russie.

Le pergélisol, un regard sur l’histoire de la planète

À l’origine, ces sols se composent de trois couches distinctes : une couche active qui atteint les deux ou trois mètres d’épaisseur et qui a tendance à fondre en été, une seconde couche allant de dix à quinze mètres de profondeur et restant gelée en permanence, et une troisième couche atteignant plusieurs centaines ou milliers de mètres.

Les années passant, de nombreux chercheurs se sont découvert une véritable passion pour le pergélisol. En l’étudiant, il est en effet possible de mieux mesurer les changements climatiques touchant notre planète.

Tatiana Vishnivetskaya étudie le pergélisol sibérien depuis plusieurs années maintenant et cette microbiologiste travaillant pour l’Université du Tennessee a donc pris l’habitude d’effectuer des prélèvements sur place pour étudier les organismes présents dans ces épaisses couches de glace.

Une manière comme une autre de prendre du recul sur l’histoire biologique de la Terre.

À plusieurs reprises, la chercheuse a réussi à ramener à la vie des bactéries âgées de plusieurs centaines de millions d’années en utilisant des boîtes de Pétri, mais ses expériences ont pris une nouvelle tournure l’année dernière.

Un ver de 41 000 ans ramené à la vie

En examinant un échantillon prélevé sur place, un échantillon placé une nouvelle fois dans une boîte de Pétri, Vishnivetskaya et son équipe ont eu la surprise de découvrir plusieurs vers ronds appartenant à la classe des nématodes, des vers constitués d’une bouche et d’un anus.

Des vers qui ont réussi à revenir à la vie après avoir été exposés à une température ambiante.

D’après les prélèvements effectués à l’époque, l’un de ces nématodes était âgé d’environ 41 000 ans et il existait donc déjà à l’époque de Neandertal.

Cette découverte, évoquée en détail dans ces recherches, a beaucoup surpris la chercheuse. Avant ça, seules des formes de vie très primitives avaient pu être ramenées à la vie.

Maintenant, il faut noter que les nématodes sont connus pour leur extrême résistance aux éléments. Ils sont en effet bien plus résistants que les autres formes de vie et certaines espèces sont même capables de changer de stade lorsque l’environnement est hostile. Notamment lorsque la nourriture est rare ou lorsque la température est trop extrême.

Le stade Dauer, c’est son nom, permet à ces créatures de rentrer dans un état de stase complet. Selon toute vraisemblance, c’est précisément ce qui s’est produit pour ces vers.

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