Egypte : découverte de la tombe d’une femme et de son foetus

Le Conseil suprême des antiquités égyptiennes a annoncé le 14 novembre dernier, sur sa page Facebook, la découverte des restes d’une femme égyptienne ancienne, probablement décédée juste avant l’accouchement.

La découverte a été faite dans la ville de Kom Ombo, dans le sud de l’Égypte, lors de fouilles réalisées dans le cadre d’un projet archéologique conjoint italo-américain.

De nouveaux indices sur la mortalité maternelle dans l’antiquité

Selon le secrétaire général du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, Mostafa Waziri, les restes de la femme enceinte reposaient dans une tombe située dans un cimetière utilisé par les voyageurs à travers le désert du sud de l’Égypte. Le cimetière en question date de 1750 à 1550 av J.C.

Les archéologues ont estimé que la femme avait environ 25 ans au moment de son décès. Ils ont également constaté que le fœtus se trouvait tête en bas dans le ventre de la femme, ce qui signifie qu’il était sur le point de naître. Les archéologues en ont déduit que cette ancienne Égyptienne est probablement décédée juste avant ou pendant le travail.

Cette découverte est importante en ce sens qu’elle constitue un indice supplémentaire sur la mortalité maternelle dans l’antiquité. Selon la professeure Sandra Wheeler de l’Université de Floride Centrale, elle « renforce l’idée que l’accouchement était précaire et que la mortalité maternelle était un problème auquel les gens étaient constamment confrontés ».

Dans le rapport du Conseil des antiquités, il est noté que la femme avait un bassin qui n’était pas correctement aligné. Ce qui pourrait être le résultat d’un traumatisme ou d’une malnutrition au cours des années critiques de son développement, selon Wheeler.

D’autres fœtus découverts dans un autre cimetière

Wheeler ne fait pas partie de l’équipe qui a découvert la femme avec le fœtus, mais elle participe avec d’autres archéologues aux fouilles d’un autre cimetière situé dans la ville de Dakhla Oasis, dans le désert occidental égyptien. Là-bas ils ont découvert environ 200 fœtus prématurés enterrés, probablement tous issus de fausses couches.

Toutes ces découvertes emmènent les scientifiques à s’interroger sur ce que les anciens Égyptiens considéraient comme une personne pleinement formée. Les fœtus étaient-ils considérés comme des personnes à part entière ? Une question à laquelle Wheeler et les autres archéologues espèrent répondre bientôt.