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EMDrive : un chercheur remet en cause les résultats de la NASA

L’EMDrive fonctionnerait bel et bien, du moins selon la NASA. Tout le monde ne partage effectivement pas l’enthousiasme de l’agence américaine et un chercheur remet même en cause ses résultats.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’EMDrive n’est pas une technologie nouvelle. En réalité, ce moteur électromagnétique a été évoqué pour la toute première fois à la fin des années 90 par un ingénieur en aéronautique originaire du Royaume-Uni, un homme du nom de Roger J. Shawyer.

EmDrive NASA

Un chercheur a attaqué le rapport présenté par la NASA au sujet de l’EMDrive.

Il avait d’ailleurs été très attaqué à l’époque par ses pairs, et ce pour une raison assez évidente : l’EMDrive contrevient à de nombreuses lois de la physique, et notamment à celle de Newton.

EMDrive : une technologie qui contrevient aux lois de Newton

Newton cumulait les casquettes. Il s’intéressait à la physique, à l’astronomie et aux mathématiques, bien sûr, mais il se passionnait également pour la théologie, la philosophie et l’alchimie.

Il est surtout connu pour sa théorie sur la gravitation universelle, mais il est également à l’origine de la mécanique classique avec ses trois lois universelles sur le mouvement.

Évoquées pour la toute première fois en 1687, ces trois lois peuvent se résumer de la manière suivante :

  • Première loi : « Tout corps persévère dans l’état de repos ou de mouvement uniforme en ligne droite dans lequel il se trouve, à moins que quelque force n’agisse sur lui, et ne le contraigne à changer d’état. »
  • Seconde loi : « Les changements qui arrivent dans le mouvement sont proportionnels à la force motrice ; et se font dans la ligne droite dans laquelle cette force a été imprimée. »
  • Troisième loi : « L’action est toujours égale à la réaction ; c’est-à-dire que les actions de deux corps l’un sur l’autre sont toujours égales et de sens contraires. »

Quel est le problème avec l’EMDrive, alors ? Il est simple en réalité. Tel qu’il a été énoncé par Shawyer dans les années 90, ce moteur électromagnétique n’a pas besoin d’une poussée contraire pour faire avancer un corps dans l’espace.

Comment est-ce possible ? Dans les faits, ce moteur se présenterait sous la forme d’un cône métallique dépourvu de pointe, un cône dans lequel circulent des micro-ondes rebondissant contre ses parois. Selon la théorie de notre ingénieur, ces dernières seraient capables d’exercer une force plus importante à la base de la structure, une pression utilisée ensuite pour générer une propulsion sans avoir besoin d’utiliser le moindre carburant.

Plusieurs expérimentations ont été menées dans les années suivantes, notamment en Chine. La NASA, de son côté, a demandé à une de ses équipes de mener sa propre enquête. Les ingénieurs chargés du dossier sont parvenus à construire un prototype en 2014 et ils ont effectué de nombreux tests dans la foulée. Tests qui se sont révélés concluants.

Suite à cette révélation, l’agence américaine a demandé à une autre équipe de vérifier ces résultats. Deux ans plus tard, elle a confirmé que ce moteur fonctionnait bel et bien.

Un simple faux positif ?

Mais ce n’est pas le plus fou, car le prototype développé par la NASA serait en mesure d’offrir une puissance équivalente à celle des moteurs ioniques utilisés sur les dernières sondes de l’agence.

Cette nouvelle divise cependant la communauté scientifique et Ethan Siegel, un astrophysicien travaillant pour Lewis & Clark a ainsi fait part de ses doutes suite à la publication de ce fameux rapport. Il n’est visiblement pas le seul, car un second chercheur s’en est pris à l’agence spatiale américaine au début de la semaine.

Brice Cassenti, c’est le nom de cet expert, travaille sur les systèmes de propulsion avancés depuis plusieurs années. UConn Today a donc été à sa rencontre afin d’obtenir son point de vue sur l’EMDrive et l’homme a profité de cet entretien pour remettre directement en cause les résultats publiés par la NASA.

D’après lui, ces derniers seraient avant tout le fruit d’une erreur expérimentale et c’est précisément pour cette raison que personne n’a été en mesure d’expliquer comment ils avaient réussi à développer une poussée de 1,2 millinewton par kilowatt dans le vide lors de leurs essais.

Il ne s’arrête pas là, car il explique aussi que si ce moteur fonctionnait réellement, alors cela invaliderait une bonne partie de notre connaissance de la physique.

Comment la NASA a-t-elle pu générer cette poussée, alors ? Les hypothèses ne manquent pas. Pour lui, elle a très bien pu être provoquée par un échauffement des composants situés à l’intérieur du moteur, un échauffement qui aurait conduit à un mouvement imperceptible perçu comme une force.

Il pense donc que le meilleur moyen de valider – ou d’invalider – ce rapport, c’est de mener des tests directement dans l’espace. Le hasard fait d’ailleurs bien les choses, car Guido Getta a développé lui aussi un moteur de ce type, un moteur qu’il compte tester dès l’année prochaine avec un nanosatellite.

On peut donc être au moins sûr d’une chose : l’EMDrive n’a pas fini de faire parler de lui.

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