En 2050, les feux de forêts toucheront même la Bretagne

La saison estivale se révèle catastrophique pour la nature et les secours en ce qui concerne les incendies de forêt dans le sud de la France et en Corse, avec plusieurs milliers d’hectares détruits par les flammes.

Une catastrophe écologique, d’une ampleur exceptionnelle, qui deviendra de plus en plus fréquente du fait du réchauffement climatique, et qui pourra s’étendre en 2050 sur tout le territoire… jusqu’en Bretagne. C’est ce que révèle un rapport interministériel intitulé « Changement climatique et extension des zones sensibles aux feux de forêt ».

Des changements organisationnels des moyens de prévention et d’intervention seront donc à prévoir pour les décennies à venir.

Une période propice aux feux plus étendue, sur une zone plus large

Des feux en Bretagne ? Impossible. Et pourtant, la région a déjà connu quelques feux en cette saison 2017. Habituels dans le sud (et souvent criminels…), les incendies sont de plus en plus fréquents, intenses, et sur une saison toujours plus étendue.

L’extension des zones sensibles serait provoquée par une augmentation des températures, qui atteindraient alors des pics de chaleur de 44 à 46 degrés en Bretagne. Des départements comme le Morbihan ou l’Ille-et-Vilaine connaîtront ainsi les mêmes risques incendies que le sud de la France actuellement.

« Le risque sera important dans les territoires où la végétation ressemble à celle de la zone méditerranéenne, c’est le cas de la Bretagne avec ses landes, ses broussailles, ses bruyères et ses forêts de résineux du Centre Ouest avec leur grande herbacée et leurs fougères » a confirmé au Journal Du Dimanche le directeur adjoint Défense de la forêt contre les incendies à l’Office national des forêts, Rémi Savazzi.

Prévention et augmentation des moyens indispensables

En France, la forêt a gagné du terrain depuis le milieu du XIXe siècle. Elle est passée de 9 millions d’hectares en 1850 à 15,5 millions d’hectares en 2010. Cette augmentation s’explique par le remplacement du bois comme source d’énergie et l’augmentation des rendements agricoles.

Elle cède cependant du terrain à cause des incendies, et la tendance pourrait s’accélérer avec le dépérissement de la végétation, l’apparition de maladies nouvelles, et l’extension de la zone à risque incendie, où des feux de grande ampleur pourront malheureusement ravager d’importants massifs.

Le civisme est de mise et le sera encore plus, avec l’application des campagnes de prévention, le débroussaillement obligatoire, car le risque fera sa réelle apparition dans le nord de la France, et sera véritablement catastrophique dans le sud de l’hexagone.

Cette guerre du feu déjà intensive, surtout cette année, risque de se corser si les moyens mis en oeuvre ne sont pas augmentés. Cette saison 2017 a déjà créé des polémiques sur le manque de moyens, notamment aériens. Une guerre qui concernera toute la population, de Bonifacio à Quimper…