En Croatie, on écrasait le crâne des adolescents pour montrer leur appartenance à une tribu

Il y a 1 500 ans, la mutilation et la scarification étaient des pratiques plus ou moins courantes chez de nombreux peuples et ethnies à travers le monde. En Croatie, on déformait carrément le crâne des enfants et des jeunes dans le but de marquer à quelle tribu ils appartenaient.

C’est ce que des scientifiques de l’Université de Vienne ont découvert en étudiant les crânes de trois adolescents, dont les squelettes datant du Vème siècle, ont été découvert sur le site archéologique de Hermanov Vinograd en 2013. A cette époque, les chercheurs avaient remarqué que les crânes présentaient une forme étrange et anormale, ce qui les avait beaucoup intrigués.

Crâne

Ce n’est que quelques années après la découverte que les scientifiques sont finalement parvenus à expliquer ce qui avait été infligé à ces adolescents. L’étude a été publiée dans la revue PLOS ONE.

Comment les crânes ont-ils été déformés ?

En étudiant les crânes des trois adolescents, les chercheurs de l’Université de Vienne ont conclu à une déformation artificielle qui a été pratiquée alors qu’ils n’étaient encore que de jeunes enfants, peut-être même encore des bébés, car à cet âge, les os du crâne sont encore souples.

L’un des crânes avait une forme étrangement déformée et allongée. Les scientifiques ont avancé que le front de l’enfant a dû être fixé avec des bandages ou une coiffe spéciale. Un autre crâne présentait pour sa part une forme aplatie, un peu conique. Cette fois-ci, les chercheurs suggèrent que la tête de l’adolescent a dû être écrasée entre deux morceaux de bois pendant plusieurs mois.

Des adolescents de différentes origines

L’étude des trois squelettes a permis de déterminer qu’ils appartenaient à des garçons âgés entre 13 à 16 ans qui ont souffert de malnutrition. Les chercheurs avancent que les trois enfants pourraient être des Huns ou des Ostrogoths, mais une chose est sûre, ils n’avaient pas les mêmes origines.

D’après les scientifiques de l’Université de Vienne, l’enfant avec le crâne allongé devait venir du Moyen-Orient. Quant à celui avec le crâne de forme conique, il devait être originaire d’Asie du Sud-est. Enfin, le troisième crâne ne présentait aucune déformation, et devait appartenir à un enfant de l’Europe occidentale. Les recherches continuent pour essayer d’en savoir plus.

Mots-clés anthropologie