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Etats-Unis : les appareils de Huawei et ZTE ne pourront plus être utilisés par des membres du gouvernement

D’ici un an, les différentes administrations américaines se verront privées des terminaux et équipements provenant de cinq marques chinoises, dont Huawei et ZTE, toutes deux en bisbille avec Washington depuis plusieurs mois déjà. Cette mesure est la conséquence directe de la nouvelle loi d’autorisation de la défense nationale (National Defense Authorization Act, NDAA), qui entrera en vigueur à l’horizon 2019. Signée par Donald Trump lundi 13 août, après avoir été avalisée par la Chambre des représentants et le Sénat, elle a notamment pour objectif de « protéger » les institutions gouvernementales américaines d’éventuelles écoutes chinoises.

Le texte, qui concerne avant tout le département de la défense américain, lui octroie un budget total de 716 milliards de dollars pour l’année fiscale 2019 et contrecarre encore un peu plus les ambitions des deux géants chinois des télécoms sur les terres de l’Oncle Sam. A noter que le NDAA s’applique aussi à trois autres constructeurs : Hytera (basé à Shenzhen, tout comme Huawei et ZTE), mais aussi et surtout Hikvision et Dahua Technology, les deux leaders mondiaux de la vidéosurveillance.

Alors que les tensions entre les États-Unis et le couple Huawei / ZTE semblaient s’apaiser, une nouvelle loi interdit désormais aux membres du gouvernement américain d’utilisait les terminaux des deux géants chinois.

Sans surprise, la mesure adoptée par d’administration Trump passe mal du côté des marques pointées du doigt. Dans un communiqué envoyé par mail à plusieurs médias, Huawei parle ainsi d’un ban « inefficace, malavisé et anticonstitutionnel« , ajoutant que cette interdiction « ne fait rien pour identifier les véritables risques en termes de sécurité ou pour améliorer la sécurité de la ‘supply chain’« . Contacté par Les Echos, Hikvision évoque pour sa part une loi « rédigée à la va-vite« . Il faut dire que le NDAA frappe la Tech chinoise, et tout spécialement Huawei et ZTE, là où ça fait mal… et au plus mauvais moment.

De l’enjeu de la 5G aux États-Unis

Véritable enjeu commercial et technologique en 2018 et pour les années à venir, le marché de la 5G aux États-Unis fait figure d’Eden – partiellement – perdu pour Huawei et ZTE, qui n’auront probablement pas la chance de profiter de ses futures retombées économiques. Comme le notent Les Echos ces places, désormais laissées plus ou moins vacantes sur ce secteur, risquent toutefois d’être rapidement reprises, notamment par deux grands acteurs européens du marché des télécoms : Nokia et Ericsson.

Les deux marques (respectivement finlandaise et suédoise) mettent en ce moment un gros coup de collier pour s’imposer comme des incontournables aux États-Unis. La semaine dernière, on apprenait ainsi qu’Ericsson recrutait 380 employés supplémentaires sur le sol américain et que la marque prévoyait d’y ouvrir un centre de recherche et développement. Nokia, pour sa part, est parvenu à signer un contrat avec l’opérateur américain T-Mobile. D’un montant de 3,5 milliards, cet accord permettra à la firme d’Espoo de fournir des équipements 5G à son nouveau partenaire.

Notons que le NDAA prévoit d’aider les différentes institutions concernées par l’interdiction à se défaire des appareils issus des cinq marques chinoises précédemment citées. Des fonds seront débloqués pour le remplacement de ces terminaux et dispositifs, et une aide technique devrait également être apportée. La mise en application de la loi sera effective un an après son entrée en vigueur, précisent Les Echos, qui ajoutent par ailleurs que la dead-line pourra être repoussée de deux ans supplémentaires le cas-échéant. C’est la FCC (Federal Communications Commission), qui a été chargée de superviser cette période de transition.

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Nathan

Breton (presque) pure souche, Nathan est un nerd mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R. Selon lui, en matière de musique, plus c'est vieux... mieux c'est.