Europe : un puissant courant animerait l’océan de la lune de Jupiter

Europe fascine les chercheurs depuis plusieurs années. Ce succès, la lune de Jupiter le doit avant tout à sa topologie. Il a en effet été prouvé qu’elle abritait dans ses profondeurs un gigantesque océan, un océan susceptible d’abriter des formes de vie primitive.

La NASA a même été plus loin l’année dernière en confirmant l’existence de puissants geysers d’eau à la surface du satellite et une mission sur place est même envisagée depuis plusieurs années par les agences spatiales américaines et européennes.

Europe Jupiter NASA

Christophe Gissinger et Ludovic Petitdemange s’intéressent eux aussi à Europe et les deux chercheurs ont conduit une étude portant sur l’influence gravitationnelle de Jupiter sur cette lune.

Europe influencée par le champ magnétique de Jupiter ?

Jupiter n’est pas une planète ordinaire. Immense, elle est en effet le plus grand corps connu du système solaire après notre étoile et elle s’étend ainsi sur un rayon de 69 911 km environ, pour une superficie totale atteignant les 61,42 milliards de kilomètres carrés.

Mais Jupiter est également connu pour l’intensité de son champ magnétique, un champ magnétique dix fois supérieur à celui de notre propre planète.

Or justement, si l’on en croit les recherches effectuées par les deux chercheurs à partir des données de la sonde Galileo, alors ce champ magnétique aurait un impact important sur les lunes de la planète.

Selon cette étude, le champ jovien s’étendrait en effet sur près de cinq millions de kilomètres et il engloberait ainsi les lunes de la planète.

Europe serait bien entendu concernée par la chose, et ce champ magnétique pourrait donc avoir un impact important sur son océan.

Un puissant courant dans l’océan souterrain de la Lune ?

Ces informations sont à prendre au conditionnel, mais l’étude menée par Christophe Gissinger et Ludovic Petitdemange laisse à penser qu’un puissant courant pourrait se former près de l’équateur d’Europe. Plus étonnant encore, ce courant se déplacerait de plusieurs centimètres par seconde et il se dirigerait dans une direction opposée à celle de la rotation du satellite. C’est en tout cas ce qu’il ressort des nombreuses simulations réalisées par les deux chercheurs.

Alors bien sûr, l’existence de ce courant n’a pas été prouvée, mais la topologie du satellite semble aller dans ce sens. D’après les chercheurs, la puissance de ce courant serait en effet suffisante pour provoquer l’apparition de fissures à la surface de la lune. Des fissures qui pourraient bien entendu expliquer la présence des geysers d’eau évoqués plus haut.

L’étude va d’ailleurs dans ce sens. D’après les conclusions rendues par les deux chercheurs, l’énergie du champ magnétique généré pourrait se dissiper sous forme de chaleur jusqu’au niveau des pôles. Ce qui aurait pour effet de réduire l’épaisseur de la couche de glace à ces endroits.