Europe : une vie extraterrestre possible grâce à la radioactivité ?

Europe fascine de nombreux chercheurs et certains d’entre eux pensent ainsi que la lune de Jupiter serait tout à fait en mesure d’accueillir une forme de vie extraterrestre. C’est notamment le cas du chercheur Douglas Galante et de son équipe.

Europe est l’un des nombreux satellites naturels de Jupiter. Massive, la lune atteint un diamètre de 3 121 kilomètres et sa surface serait entièrement composée de glace, avec des températures atteignant les -150 °C.

Europe NASA ESA

Toutefois, en dépit de ces températures extrêmes, Europe abritera en son sein un vaste océan liquide de quatre-vingt-dix kilomètres de profondeur. Mieux, en passant aux alentours de la lune, nos sondes ont détecté de puissants geysers d’eau à sa surface.

Europe, une lune empreinte de mystère

En conséquence, de nombreux scientifiques pensent que le satellite pourrait abriter des micro-organismes extraterrestres. La NASA compte de son côté faire toute la lumière sur cette délicate question en envoyant une sonde dans le système de Jupiter entre 2020 et 2030.

Douglas Galante et son équipe s’intéressent pour leur part aux écosystèmes extrêmes présents sur notre planète et ils ont récemment étudié un nouvel organisme un peu particulier : la bactérie Desulforudis audaxviator.

Derrière ce nom un peu tiré par les cheveux se cache en réalité une des plus étonnantes formes de vie de notre planète.

Extrêmement résistante, cette bactérie est en effet capable de survivre dans l’obscurité la plus complète, dans des poches d’eau situées à des kilomètres sous la surface de notre monde. Mieux, elle peut également résister à des températures atteignant les 60 °C et elle n’a pas besoin de la lumière de notre étoile pour croître et se développer.

Ce n’est cependant pas sa seule particularité, car Desulforudis audaxviator n’a pas non plus besoin d’oxygène ou de composés organiques pour se développer dans son écosystème.

Desulforudis audaxviator, une bactérie pas comme les autres

En réalité, cette bactérie pas tout à fait comme les autres tire son énergie de la radioactivité et plus précisément de la désintégration de l’uranium présent dans les roches qui l’entourent.

D’après Douglas Galante, cette bactérie pourrait nous donner une idée assez nette des caractéristiques des micro-organismes extraterrestres et le chercheur estime ainsi qu’une telle forme de vie serait tout à fait en mesure de se développer sur Europe ou sur d’autres mondes.

Il faut tout de même noter que Desulforudis audaxviator n’est pas une découverte récente.

La bactérie a en effet été trouvée en 2008 dans des échantillons d’eau provenant de la mine d’or de Mponeng en Afrique du Sud, une mine où elle a vécu et où elle a prospéré pendant plusieurs millions d’années sans voir la lumière du jour ni même se nourrir d’autres espèces. Toutefois, il a fallu attendre dix ans afin de comprendre son fonctionnement.

L’étude a été publiée dans la revue Nature.

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