Express Wi-Fi : la nouvelle stratégie de Facebook pour conquérir l’Afrique

Facebook a été largement critiqué cette année au sujet de sa politique trop laxistes en matière de modération, de filtrage et de blocage des discours de violence et de haine. Notamment au Myanmar où cette intervention tardive du réseau social a, selon les enquêteurs de l’ONU, joué un rôle déterminant dans l’assassinat des musulmans Rohingya.

L’entreprise de Mark Zuckerberg a reconnu avoir été « trop lente à empêcher la désinformation et la haine. » En août 2018, Facebook a déclaré qu’il serait plus proactif en matière de modération de contenus.

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Concrètement, la plateforme a annoncé que d’ici décembre 2018, elle engagera 100 locuteurs birmans pour contrôler les publications.

Le géant IT a également ajouté qu’il modifiera ses politiques de modération de contenus pour faciliter le signalement des comportements répréhensibles et la suppression des discours de haine sur sa plateforme.

Le projet de connecter 4,5 milliards de personnes

Actuellement, Facebook veut mettre en place son plan de connecter le prochain milliard d’utilisateurs à internet. Plus précisément, le groupe américain souhaite élargir l’accès à internet et à son réseau social à des pays comme l’Inde, la Tanzanie, le Kenya, le Nigéria et la Tanzanie et cela, grâce à des entreprises partenaires qui fourniront du matériel Wifi.

Au départ, Facebook comptait concrétiser son projet via l’application Free Basics. Toutefois, cette dernière a soulevé de vives critiques en ce sens qu’elle ne propose pas un total accès à internet mais à seulement un nombre limité de sites web. La firme a alors proposé une autre alternative en 2017, le programme Express Wi-Fi. Il consiste à donner la possibilité aux commerçants locaux d’offrir un accès abordable à des points d’accès Wi-Fi aux habitants en utilisant le logiciel Express de Facebook.

Des doutes sur la philanthropie de Facebook

L’entreprise soutient financièrement l’installation de ces points Wi-Fi qui seront principalement présents en Afrique. Facebook a d’ailleurs déjà lancé l’application Express Wi-Fi dans Google Play au Kenya et en Indonésie en mars 2018. Le partenaire internet de Facebook au Kenya, Surf, a déclaré avoir déjà mis en place 1 100 points d’accès Wi-Fi dans le pays.

Cependant, certains groupes de la société civile voient cette stratégie comme une campagne de relations publiques visant à faire passer plus facilement Free Basics. L’application Express Wi-Fi contient en effet un lien vers Free Basics avec le slogan « consultez gratuitement les sites web populaires. »

En outre, le principal problème reste l’influence qu’ont les médias sociaux sur les populations, en particulier, sur celles qui ne font pas encore la différence entre les vraies informations des fausses. Ces plateformes peuvent servir d’instrument politique, ce qui est très problématique.

Un porte-parole de Facebook a néanmoins tenu à assurer que le réseau social investit désormais dans « les ressources humaines et la technologie pour mettre en place de meilleures protections. Cela inclut le déploiement de la vérification par des tiers, une meilleure détection des contenus illicites, une application plus rigoureuse de nos politiques et un soutien accru aux efforts d’alphabétisation numérique. »

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