Facebook : une menace pour les services de renseignement allemands

Facebook se trouve dans le collimateur de la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, depuis le mois de juin. À l’occasion de la conférence All for Democracy qui a eu lieu à Bruxelles, cette dernière a pointé du doigt le célèbre réseau social de Mark Zuckerberg en l’accusant de « remettre en question les principes fondamentaux de la démocratie. »

L’affaire est loin de s’être tassée. Aujourd’hui, c’est au tour d’Hans-Georg Maassen, directeur de l’agence du renseignement intérieur allemand, de s’attaquer à Facebook. D’après le responsable, la plateforme, à l’instar d’autres géants américains du web, met à mal la démocratie en permettant à ses utilisateurs de propager de fausses informations.

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Pour faire cette déclaration, le chef de l’Office de protection de la Constitution a profité d’une conférence sur la cybersécurité organisée par le quotidien Handelsbatt.

Des entreprises sans éthique

Durant son discours, Hans-Georg Maassen a été clair : « Nous sommes en train de découvrir qu’il existe un cinquième pouvoir, qui met en avant des affirmations, mais à ce stade, aucune ne souhaite en assumer la responsabilité sociale. »

Selon lui, « Ces grandes entreprises numériques se voient uniquement comme des relais d’informations et se cachent derrière les avantages légaux qui leur sont octroyés puisqu’elles ne veulent pas se charger de la vérification de leur contenu. »

Il va sans dire que les propos de Hans-Georg Maassen ne s’adressent pas seulement à Facebook, mais surtout aux GAFAM.

L’Allemagne intransigeante

Face à la sévérité du gouvernement allemand en matière de règlementation des réseaux sociaux, Facebook a  déjà annoncé la prise de mesures drastiques. La plateforme a notamment engagé des milliers de nouveaux employés pour s’assurer de la véracité des annonces postées.

Les observateurs s’accordent pourtant à dire que cette démarche ne serait qu’une action de communication pour redorer l’image de Facebook. L’Allemagne a adopté en juin 2017 une loi qui oblige les réseaux sociaux incapables de supprimer les commentaires haineux sur leur page à payer une amende de 50 millions d’euros.

Pour démontrer une fois de plus sa bonne foi, Facebook a annoncé qu’avant les élections de septembre 2017 en Allemagne, il s’était assuré que sa plateforme ne pouvait pas influencer l’opinion publique.